Archives mensuelles : avril 2017

Les petis garçons aussi naissent des étoiles

Les petits garçons aussi naissent des étoiles d’Emmanuel Dongala aux éditions Motifs

Emmanuel Dongala raconte l’histoire du Congo des années 60 aux années 90, à travers le regard d’un jeune garçon né dans les années 80.

 » J’ai failli ne pas être né. «  voilà commence ce roman trépident, drôle et rocambolesque. En effet deux enfants sortent du ventre de sa mère mais lui le troisième reste au chaud encore deux jours. Matapari va nous raconter avec ses yeux d’enfants et toute sa naïveté les histoires de sa famille et des personnes qui l’entourent. Il y à son père professeur du village, assoiffé de connaissance, toujours plongé dans les livres et lucide, contre le régime en place ; il y à sa maman très croyante et qui croit tout ce que dit le père Boniface, une femme bien étonnante au fur et à mesure que le roman avance ; il y a aussi ses jumeaux dont il s’amuse beaucoup ; il y a l’oncle boula Boula géant sportif et homme d’affaire à l’ambition ravageuse ; il y a Adélia qui fera connaître à Matapari ses premiers émois ; Tantine Lolo et toute une galerie de personnages tous haut en couleurs. J’allais oublier le grand-père qui un jour lui dit :

« Sache lire mon petit, sache lire et les livres et l’univers. » p.190

L’auteur nous livre une histoire méconnue (pour ma part en tout cas) du Congo, celle du Parti Unique, une période de répression, puis un soulèvement du peuple, une révolution. Il réussi à transformer cette période pourtant dure en petit bijou de drôlerie littéraire, grâce à son personnage principal qui n’aurait jamais du être né. J’ai beaucoup été émue également, l’auteur à su dosé toutes les émotions avec une justesse incroyable, qui font que ce roman de 400 pages en paraît la moitié.

 

Les petits garçons aussi naissent des étoiles / Motifs / 400 pages / 10€

 

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L’Autre Face de la mer

L’Autre Face de la mer de Louis-Philippe Dalembert aux éditions Motifs

Grannie et Jonas sont les deux personnages principaux de ce roman. Deux voix, deux époques, l’histoire haïtienne vue par deux générations, le petit-fils et sa grand-mère, deux visions de la vie. Une seule et même attraction : l’Autre Face de la mer.

C’est un roman d’une force incroyable que signe là l’auteur d’ Avant que les ombres s’effacent paru en mars dernier aux éditons Sabine Wespieser . D’une force et d’une violence insoutenables, où les odeurs prennent vie, où les chairs crépitent, où l’ont sent la sueur tomber devant les yeux et brouiller le regard, où la mer est tantôt promesse d’espoir et le commencement, tantôt un fantasme, tantôt dévoreuse d’hommes, tantôt porteuse malgré elle d’un commerce d’esclaves.Le tout mené par une écriture incroyablement maîtrisée et un sens du rythme percutant.

C’est un roman en trois parties : le récit de Grannie qui va nous raconter son enfance, les heures passées à regarder les bateaux sur le quai, la mer rêvée puis la fuite avec ses parents de l’autre côté de la montagne et du fleuve Massacre, la violence et le retour obligé, les cauchemars et enfin, comme une lueur d’espoir, la venue de ce petit-fils Jonas.

« Je vous le dis, l’océan, c’est comme des barreaux qui laissent entrevoir les ailes de la liberté sans qu’on puisse un instant embrasser l’horizon.  »  p. 27

La seconde partie c’est La ville, vécue par Jonas qui rêve d’ailleurs et subit une ville d’une violence innommable, l’enfer sur terre. Une ville à feu et à sang qui perd  de façon hémorragique ses habitants qui prennent des barques de fortune pour fuir l’horreur mais qui se retrouvent trop souvent en enfer.

 » La ville grouille sous le feu du soleil. Sexe en rut. La ville monte et descend. Sue, ahane . S’embouteille du soir au matin.  » p. 115

La troisième partie c’est le livre de Jonas, intense et trouble comme l’histoire de sa ville (pays réduit à une seule ville ?). Toujours cette envie d’ailleurs mais pourquoi partir ? Pour où ? Est-il vraiment nécessaire d’avoir la réponse à ces questions ? Et c’est aussi l’amour, l’adolescence, et les remous de la ville qui cognent et frappent comme un marteau dans la tête de Jonas.

L’Autre Face de la mer/ Louis-Philippe Dalemebert/ Motifs/ 7,10€