Archives mensuelles : septembre 2020

Du yoga, des émotions mais surtout une histoire de fils

Yoga d’Emmanuel Carrère est un fourre tout incompréhensible des impressions de l’auteur sur son nombril et la méditation, mais surtout sur son nombril. Le premier tiers voué au yoga et à la méditation est intéressant mais c’est tout ! De là à le mettre dans la première liste du Goncourt….je trouve que c’est lui donné beaucoup trop d’importance. Le seul point positif de ce roman égocentré c’est l’écriture ; là je ne peux pas nier que c’est bien écrit, c’est fluide. Mais le côté petit bourgeois dépressif loin des réalités des tremblements du monde…j’accroche pas. Passer du yoga au terrorisme sans oublier sa dépression et les réfugiés sur une île grecque…Alors que j’avais adoré D’autres vies que la mienne maintenant disponible en poche aux éditions Folio, je n’accroche pas du tout sur Yoga.

22€/400 pages

Les émotions de Jean-Philippe Toussaint que dire … Je suis très mitigée…L’intérêt que j’y ai trouvé est qu’il ne prend pas le lecteur (ou la lectrice que je suis en tout cas) pour un idiot (e). En effet le récit est totalement déconstruit chronologiquement. Il fait des va-et-vient entre plusieurs périodes. Mais quand j’ai refermé le livre je me suis dit : tout ça pour ça !?!

18.50€/134 pages

Et le meilleur pour la fin Histoire du fils de l’inimitable Marie-Hélène Lafon paru aux éditions Buchet Chastel. Cette autrice (oui je dis autrice et le revendique !) que si tu n’as jamais lu je t’invite à découvrir. Elle m’inspire énormément de respect, elle a le don de parler des gens, des vrais, des taiseux, des paysans, des gens de la campagne, du Cantal en particulier. Il y a tellement de scènes de petites choses de la vie (le bain dans la cuisine, les chaussons sous les chaussettes,…) décrites avec une plume qu’elle seule maîtrise. Je suis au plus près des personnages avec elle, au coin du fourneau dans la cuisine et je regarde, en spectatrice, leurs histoires se dérouler. Pour moi c’est une autrice à Goncourt (elle !).

15€/106 pages

UNE FAROUCHE LIBERTÉ

Gisèle Halimi revient, avec Annick Cojean, sur son parcours, de Tunis à Paris, D’Aix à Alger…mais toujours rebelle et toujours féministe.

Je viens juste de terminer la lecture de ce texte poignant et percutant. J’avais lu il y a très longtemps Fritna et la Kahina. Je la connaissais en tant qu’avocate et romancière. Dans cet essai je la vois femme, engagée, féministe, avocate, combattante, entière, drôle, complète. Ce que je pense à l’instant où j’écris ces lignes c’est que c’est un ouvrage qui devrait être prescrit dès le collège à tous les élèves comme King Kong théorie de Virginies Despentes). Gisèle Halimi à le sens du verbe et sait percuter.

« Laisser passer un mot, c’est le tolérer. Et de la tolérance à la complicité, il n’y a qu’un pas. »

« Ma liberté n’a de sens que si elle sert à libérer les autres. »

En parlant de son métier d’avocate : « Exposer -toujours- l’irréductible noyau d’humanité que porte quiconque, serait-ce un criminel. Exercice passionnant, presque une jouissance. »

Elle cite beaucoup d’écrivains comme Victor Hugo qu’elle a beaucoup lu à l’adolescence : » Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent ; ce sont ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front… »

C’est aussi l’occasion de nous raconter ses luttes et ses combats auprès de Simone de Beauvoir et Simone Veil. Que j’ai découvert à travers les yeux de la militante. Pour moi ce livre est déjà un incontournable pour toutes les femmes mais aussi pour tous les hommes qui souhaitent faire la révolution et mettre la femme à la place qui est sienne. Rien n’est jamais gagné il faut toujours rester vigilants.