Archives pour la catégorie Actualités

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AU GRAND LAVOIR

Au grand lavoir de Sophie Daull aux éditions Philippe Rey

Première lecture de cette rentrée littéraire et un ÉNORME coup de cœur ! Après Camille mon envolée et La suture, Sophie Daull signe là son troisième roman avec Au grand lavoir.  C’est un roman à trois voix, celle d’un jardinier à Nogent-Le-Rotrou, ex taulard pour avoir commis un viol et avoir tué sa victime ; celle d’une auteure en tournée pour faire la promotion de son roman, fille de la victime ; enfin celle d’un narrateur, une voix off pour nous narrer la fin de cette histoire. L’écriture de l’auteure est précise, ciselée, rien n’est de trop, tout est juste et à sa place, c’est au service d’une histoire qui nous tient en haleine, ou comment cet ex taulard qui après avoir purgé 18 années de peine se retrouve réinsérer dans cette ville de taille moyenne en tant que jardinier communal. Il apprend que la fille de la femme qui l’a tué va venir dédicacer dans la librairie de sa ville. A partir de là, la panique s’installe et on va passer (oui je dis on car le prodige est là, grâce à la force narratrice que dégage ce texte, nous sommes plus que dans la peau de cet homme, nous sommes dans sa tête)par toutes les étapes de stress, d’angoisse atroce avec ce personnage qui a violé et tué. Va-t-il lire le livre quel ‘auteure vient présenter dans la librairie de sa ville ? Va-t-il se rendre à la librairie le soir de la dédicace ?

Ce roman c’est aussi en filigrane la vie des villes de tailles moyennes « les sous-préfectures » comme aime à les appeler Sophie Daull, ces villes où les commerces de proximité ferment, où les gares ferment, où la population devient de plus en plus excentrée de son cœur de vie, c’est aussi un roman encré dans une réalité sociale. Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce texte fort et intelligent à l’écriture fluide et au style précis. A lire donc et à offrir sans modération.

Au grand lavoir/Sophie Daull/éditions Philippe Rey.  €

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Sortir de l’abîme, manifeste

Sortir de l’abîme, manifeste de Seyhmus Dagtekin

Je voudrais saluer ici l’initiative des éditions du Castor Astral (qui fêtent leur quarante troisième anniversaire cette année, ce n’est pas rien ! ), en collaboration avec le Printemps des poètes, qui par la plume du grand Seyhmus Dagtekin,  nous donne à lire un manifeste sur l’importance de la poésie dans notre société actuelle.

Une poésie comme une « utopie, cet entêtement à ne pas se résigner devant l’injustice« .

Après lecture, cette phrase raisonne et nous renvoie à une actualité toujours plus violente et insoutenable. Une vingtaine de pages nécessaires pour rappeler que la poésie est une arme, un souffle de vie dont chacun de nous peut s’emparer. Pour nous dire que la poésie est une forme de résistance.

« La poésie comme une manière, un état d’être, donnée en partage pour se défaire autant de nos servitudes intérieures que de celles qui s’imposent par l’extérieur. »

Lisez ce manifeste, entrecoupé de poèmes de Seymous Dagtekin et suivi d’un entretien avec Marie-Christine Masset, extrait de la revue Phoenix n°26. Acheter ce manifeste est déjà un acte de résistance, le partager, l’offrir, le lire à voix haute est prouver qu’une « autre manière de vivre est possible.« 

Sortir de l’abîme, manifeste/Seymus Dagtekin/éditions du Castor Astral/4€

L’Autre Face de la mer

L’Autre Face de la mer de Louis-Philippe Dalembert aux éditions Motifs

Grannie et Jonas sont les deux personnages principaux de ce roman. Deux voix, deux époques, l’histoire haïtienne vue par deux générations, le petit-fils et sa grand-mère, deux visions de la vie. Une seule et même attraction : l’Autre Face de la mer.

C’est un roman d’une force incroyable que signe là l’auteur d’ Avant que les ombres s’effacent paru en mars dernier aux éditons Sabine Wespieser . D’une force et d’une violence insoutenables, où les odeurs prennent vie, où les chairs crépitent, où l’ont sent la sueur tomber devant les yeux et brouiller le regard, où la mer est tantôt promesse d’espoir et le commencement, tantôt un fantasme, tantôt dévoreuse d’hommes, tantôt porteuse malgré elle d’un commerce d’esclaves.Le tout mené par une écriture incroyablement maîtrisée et un sens du rythme percutant.

C’est un roman en trois parties : le récit de Grannie qui va nous raconter son enfance, les heures passées à regarder les bateaux sur le quai, la mer rêvée puis la fuite avec ses parents de l’autre côté de la montagne et du fleuve Massacre, la violence et le retour obligé, les cauchemars et enfin, comme une lueur d’espoir, la venue de ce petit-fils Jonas.

« Je vous le dis, l’océan, c’est comme des barreaux qui laissent entrevoir les ailes de la liberté sans qu’on puisse un instant embrasser l’horizon.  »  p. 27

La seconde partie c’est La ville, vécue par Jonas qui rêve d’ailleurs et subit une ville d’une violence innommable, l’enfer sur terre. Une ville à feu et à sang qui perd  de façon hémorragique ses habitants qui prennent des barques de fortune pour fuir l’horreur mais qui se retrouvent trop souvent en enfer.

 » La ville grouille sous le feu du soleil. Sexe en rut. La ville monte et descend. Sue, ahane . S’embouteille du soir au matin.  » p. 115

La troisième partie c’est le livre de Jonas, intense et trouble comme l’histoire de sa ville (pays réduit à une seule ville ?). Toujours cette envie d’ailleurs mais pourquoi partir ? Pour où ? Est-il vraiment nécessaire d’avoir la réponse à ces questions ? Et c’est aussi l’amour, l’adolescence, et les remous de la ville qui cognent et frappent comme un marteau dans la tête de Jonas.

L’Autre Face de la mer/ Louis-Philippe Dalemebert/ Motifs/ 7,10€

 

Goncourt des lycéens 2015

J’ai suivi une classe de lycéens pendant le Goncourt des lycéens. Pour vous, un diaporama des coulisses de ce prix attribué à Delphine de Vigan pour D’après une histoire vraie aux éditions Lattès.

J’ai eu la chance de rencontrer Alain Mabanckou, Toby Nathan, Nicolas Fargues, Isabelle Autissier, Thomas Reverdy, …Mais surtout une classe de lycéens motivés et enthousiastes ! La classe de seconde du lycée Corot de Savigny sur Orge emmenée avec beaucoup d’énergie et d’ardeur par le professeur Muriel ! J’ai passé de très beaux et bons moments en leur compagnie je les remercie de tout cœur! Cette aventure nous a emmené à la BNF et les a emmenés à Rennes où ils ont été sélectionnés pour représenter l’Île de France !

UN GRAND BRAVO A TOUS !

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