Archives pour la catégorie Conseils de lecture

Mes conseils de lecture

Merci Simone, Mona et Elizabeth !

Voilà plus d’un an que je n’ai rien publié, mais j’ai lu, beaucoup ! Cette année j’ai lu Les mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir, livre trouvé dans une des boîtes à livres de mon quartier, dans une édition au Livre de poche datant de 1968. Les mots de Jean-Paul Sartre(dans sa version actuel chez Folio Gallimard) était collé à ce dernier, je n’ai pas voulu les séparer alors j’ai pris les deux. Que du bonheur de lecture ! Du coup j’ai voulu découvrir plus avant ce que cette autrice avait vécu, lu, rencontré et écrit. J’ai donc plongé dans La force de l’âge. Toutes ces lectures m’ont beaucoup apporté intellectuellement, politiquement et personnellement. J’ai acheté Le deuxième sexe mais ne m’y suis pas encore attaquée, on ne parle plus de mémoires mais d’essai, je me laisse un peu de temps.

Ma route à croisé le chemin de la grande Mona Chollet pendant le confinement où j’ai lu Chez soi, que j’avais vu traîner sur la table d’une de mes voisines et qui, en lisant la quatrième de couverture m’avait intrigué. Une révélation sur le cocon qu’est mon « chez moi ». J’ai aussi réalisé combien il est important de ce protéger du mon de extérieur parfois (à ma guise en fait), pour ne pas subir ses agressions. De laisser entrer le monde dans mon nid via internet (ou pas). écrit en 2015 on était loin du confinement et pourtant cette lecture à eu une résonance particulière pour moi et m’a beaucoup aidé à affronter cet évènement.

J’avais beaucoup entendu parlé de Sorcières et Réinventer l’amour, comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles, tous deux parus aux éditions de la Découverte, j’ai donc investi et commencé par celui qui me préoccupait le plus, devinez … Réinventer l’amour, comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles. A titre totalement personnel ce livre m’a ouvert les yeux sur beaucoup de points. Notamment sur l’objectification du corps de la femme, de mon corps. Ce qui me plaît aussi beaucoup c’est sa façon d’écrire. J’ai l’impression de parler à une amie ou plutôt j’ai l’impression qu’une amie me parle, il y a quelque chose de spontanée et d’intime dans sa façon d’écrire et de s’adresser au lecteur. J’écris biens au lecteur et non pas à la lectrice. En effet il ne s’agit pas là d’une lecture réservée aux femmes mais bien aux acteurs de la relation hétérosexuelle.

Mona Chollet fait référence a beaucoup d’articles de presse, d’essais, de romans mais aussi de blogs, c’est un vrai travail de fourmi qui nous ai donner à lire. Du coup j’ai acheté tous les livres cités d’Elizabeth Gilbert ,oui l’autrice de Mange, prie, aime adapté au cinéma avec Julia Roberts et décrié par certains comme un roman à l’eau de rose, celui-là donc de cette autrice là donc), et sur les conseils de Mona Chollet j’ai commencé par Comme par magie qui est un essai sur la créativité. Qu’est-ce qu’on en fait ? Que peut-on lui demander, ou pas ? Pourquoi moins de femmes se sentent légitimes dans les métiers de la créativité ? et bien d’autres choses. Lecture très intéressante qui me permet aujourd’hui d’écrire ses lignes et de reprendre mon blog un an après. Donc Merci Mona et merci Elizabeth ! Dans ma pal il y a aussi deux autres titres de Mme Gilbert Au bonheur des filles et L’empreinte de toutes choses, toujours conseillers par Mme Chollet.

Et vous que lisez vous ?

Sorcières/Mona Chollet/La Découverte/19€

Réinventer l’amour, comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles/La Découverte/19€

Chez soi/Mona Chollet/La Découverte/11€

Comme par magie/Elizabeth Gilbert/Le livre de poche/7,40€

Au bonheur des filles/Elzabeth gilbert/Le livre de poche/8,90€

L’empreinte de toutes choses/Elizabeth Gilbert/Le livre de poche/8,90€

Les mains dans les poches

Les mains dans les poches de Bernard Chenez aux éditions Héloïse D’Ormesson

L’auteur nous propose de partager des instantanés de sa vie. D’enfant à l’âge adulte, des moments comme des clichés qu’on regarderait de plus près en essayant d’en déchiffrer les détails. La force de ce texte réside dans la capacité de l’auteur à dire énormément de choses, à exprimer beaucoup d’émotions en si peu de mots, des mots justes et précis. Un texte court et fort. C’est l’histoire d’un enfant qui devient adulte qui découvre ses premiers émois. C’est aussi l’histoire d’un homme, des hommes qui se rebellent dans une France agitée de mai 68. C’est le regard d’un enfant sur les mains noueuses de son père. C’est aussi l’histoire des gens simples, des ouvriers, des étudiants. Vous l’aurez compris j’ai été beaucoup touchée par ce texte.

Les mains dans les poches/ de Bernard Chenez /éditions Héloïse D’Ormesson/  €

Du yoga, des émotions mais surtout une histoire de fils

Yoga d’Emmanuel Carrère est un fourre tout incompréhensible des impressions de l’auteur sur son nombril et la méditation, mais surtout sur son nombril. Le premier tiers voué au yoga et à la méditation est intéressant mais c’est tout ! De là à le mettre dans la première liste du Goncourt….je trouve que c’est lui donné beaucoup trop d’importance. Le seul point positif de ce roman égocentré c’est l’écriture ; là je ne peux pas nier que c’est bien écrit, c’est fluide. Mais le côté petit bourgeois dépressif loin des réalités des tremblements du monde…j’accroche pas. Passer du yoga au terrorisme sans oublier sa dépression et les réfugiés sur une île grecque…Alors que j’avais adoré D’autres vies que la mienne maintenant disponible en poche aux éditions Folio, je n’accroche pas du tout sur Yoga.

22€/400 pages

Les émotions de Jean-Philippe Toussaint que dire … Je suis très mitigée…L’intérêt que j’y ai trouvé est qu’il ne prend pas le lecteur (ou la lectrice que je suis en tout cas) pour un idiot (e). En effet le récit est totalement déconstruit chronologiquement. Il fait des va-et-vient entre plusieurs périodes. Mais quand j’ai refermé le livre je me suis dit : tout ça pour ça !?!

18.50€/134 pages

Et le meilleur pour la fin Histoire du fils de l’inimitable Marie-Hélène Lafon paru aux éditions Buchet Chastel. Cette autrice (oui je dis autrice et le revendique !) que si tu n’as jamais lu je t’invite à découvrir. Elle m’inspire énormément de respect, elle a le don de parler des gens, des vrais, des taiseux, des paysans, des gens de la campagne, du Cantal en particulier. Il y a tellement de scènes de petites choses de la vie (le bain dans la cuisine, les chaussons sous les chaussettes,…) décrites avec une plume qu’elle seule maîtrise. Je suis au plus près des personnages avec elle, au coin du fourneau dans la cuisine et je regarde, en spectatrice, leurs histoires se dérouler. Pour moi c’est une autrice à Goncourt (elle !).

15€/106 pages

NOTABILIENS DE NOTABILIA

Et pendant ce temps là en Notabilia…Les éditions Notabilia viennent de crée une superbe initiative qui consiste en un blog que vous pouvez visiter en cliquant ici.

Voilà ce qu’on peut lire sur leur page d’accueil :

Ce qu’on ressent dans le contexte actuel, on tente de le saisir, de le sténographier et nous avons demandé aux auteurs/autrices de Notabilia de nous rendre leurs sensations, ce qu’ils éprouvent dans cette attente.  De questionner les angles morts du récit qui se joue actuellement sous nos yeux, jusqu’à former cet accompagnement intime d’une pensée exprimée avec un poème, ou une musique, ou encore un texte d’où la voix parvient d’Okinawa, de Lyon, de Montréal, de Paris, de Rome, de Varsovie…

Brigitte Bouchard et Manon Frappa, les notabiliennes

Quelle belle idée de continuer à nous faire lire nos auteurs préférés et de donner l’occasion d’en découvrir d’autres ! Merci donc à ces dames de maintenir le lien si précieux auteur-lecteur.

Et vous, vous lisez quoi ? Avez-vous entendu parler d’une initiative de ce genre ?

JE SOUTIENS MA LIBRAIRIE

Marre de parler de parler de vous savez-quoi ? Du Voldemort des virus ? Alors je vous invite à lire ce petit mot sur une initiative récente qui prend une superbe ampleur, j’ai nommé Je soutiens ma librairie .

Je soutiens  ma librairie est une initiative crée par deux passionnés de lecture. En effet ils travaillent tous deux dans l’édition et ont eut cette idée géniale de réaliser un site internet ou tout lecteur intéressé peut soutenir sa librairie en participant à une cagnotte, en achetant un bon pour de futurs achats, en se faisant livrer à domicile, … Ainsi de permettre aux libraires qui le souhaitent de créer leur mode d’entraide et de tout concentrer sur un seul site. Vous pouvez faire des recherches par librairie ou ville.

Sur leur page d’accueil on peut lire ça :

À l’heure de la lutte contre le virus COVID-19, l’activité des librairies est pour la plupart à l’arrêt alors que le commerce en ligne fonctionne à plein régime. Il est donc absolument nécessaire de soutenir dès aujourd’hui les acteurs essentiels d’un secteur indispensable à
notre société. Ce site recense les actions mises en place par les librairies pour permettre à chacun de
se mobiliser pour sa librairie.

Et vous ? Vous lisez quoi ? Vous avez entendu/lu parler d’une initiative qui tourne autour de la lecture ?

 

SOIREE LECTURE #6

La contrainte était la suivante : le nom d’un aliment devait apparaître dans la 4ème de couverture sauf dan le titre (oui je sais, on est taquin !)

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Sandrine a ouvert le bal avec Moisson de Jim Crace aux éditions Rivages. Dans la 4ème de couverture le mot « poissons  » apparaît. La lecture de ce roman est déroutante, captivante et passionnante car il n’y a ni indication de lieu, ni indication de temps. On imagine par certains détails que l’histoire se passe à une époque féodale, ce qui donne un aspect universelle à ce roman et sans doute sa métaphore du racisme et de la mondialisation. En effet des inconnus s’installent près d’un village replié sur lui-même et vivant du travail de la terre. Lorsqu’un un incendie se déclenche, les coupables sont tout trouvés : les étrangers. Mais c’est aussi l’arrivée d’un nouveau maître qui veut remplacer la culture par l’élevage de moutons. L’écriture fait que le lecteur se sent impliqué. Une belle allégorie de notre monde actuelle avec une montée en puissance de la violence, de la peur et de la convoitise du pouvoir.

Pierre-Élie a pris le relais en nous parlant du Dieu manchot de Saramago (prix Nobel). Dans la 4ème de couverture apparaît un commentaire de journaliste :  » Un chef-d’oeuvre marinant dans les meilleurs piments de la tradition baroque. » Pierre-Élie nous confie que « c’est un Nobel qui fait plaisir », puis nous dit qu’en fait Saramago s’est fait remarquer quand il a décidé de changer stylistiquement. Par exemple de remplacer les points par des virgules et d’allonger considérablement ses phrases. C’est après ce virage stylistique qu’il obtient le Nobel. L’histoire se passe au XVIII ème siècle. Suite à une indiscrétion faite au confessionnal des franciscains se servent de la nouvelle (oui la reine est enceinte !) pour demander au roi d’ériger un monastère, s’il le fait alors la reine lui donnera un enfant. Pierre-Élie a trouvé frappant que l’auteur ai réussi à garder le point de vue de l’époque il a ajouté que le style est émouvant grâce à la narration indirecte libre qui donne des paragraphes à rallonge, mais ça marche très bien !

Maëva a enchaîné e nous parlant de Lulu fille de marin d’Alissa Wenz. Les mot « pain » et « craquelins » apparaissent sur la 4ème de couverture. L’autrice est chanteuse et travail aussi pour le cinéma. Le roman commence par une scène inaugurale un peu troublante d’une mère qui attend que son mari marin rentre, sa fille (Simone) s’inquiète, la mère la rassure. Dans l’entrebâillement de la porte une jeune enfant les observe : Lucienne. Puis le roman s’ouvre et Alissa dévoile que Lucienne est sa grand-mère. Un dialogue va s’engager entre les deux femmes qui va dérouler la vie de Lucienne. Qu’ils soient marins ou aviateurs Lucienne a passé sa vie à attendre les hommes de sa vie, son père ou son mari aviateur. Maëva nous dit que c’est un roman sur les allées et les retours, sur l’attente, les voyages (dans la tête pour Lucienne). C’est une joli texte porté par deux voies singulières, c’est l’histoire de la femme de la Seconde Guerre Mondiale à nos jours, un double portrait saisissant.

Mika a clos la soirée en nous parlant de Quelques-uns de Camille Laurens. Le mot « grain » apparaît sur la 4ème de couverture. C’est un livre sur les mots, de la prose poétique. La préface dit tout son amour pour les mots, son rapport avec ces personnages qu’ils sont. On sent que c’est tissé dans son existence. Chaque chapitre raconte un mot. Jamais, On, Peut-être, Il y a, Rien, Chagrin… L’autrice raconte comment les mots l’ont aidé dans son travail de deuil et les obstacles de la vie. Elle dit : « Les mots sont des souvenirs comme les autres. » Pour Mika c’est un réenchantement des mots simples, c’est dense, ça se relit. Mika nous a lu plusieurs passages exquis, à savourer !

Ont été évoqués :

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Lors de cette soirée (la première de l’année) nous avons décidé de la future contrainte : Lire un livre paru l’année de notre naissance !

Vous avez des idées de contraintes ou défis lectures ?

RENCONTRE

Samedi dernier je suis allée à la rencontre organisée par le Palais de la Porte Dorée :

écritures

Carte blanche à Mohamed Mbougar Sarr /Samedi 19 octobre 2019 à 16h30 au Palais de la porte dorée

Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée 2018 et résident au Musée, invite Aurélie Champagne et Yancouba Diémé.

Sur quarante titres en lien avec la thématique de l’immigration parus pour la rentrée littéraire, douze sont des premiers romans.Qu’ont à nous dire ces primo-romanciers de l’exil et de la mémoire parfois douloureuse de ces trajets individuels et familiaux ?Avec Aurélie Champagne, auteure de Zébu Boy (Monsieur Toussaint Louverture, 2019) et Yancouba Diémé, auteur de Boy Diola (Flammarion, 2019).

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La rencontre a commencé par une introduction du lauréat du Prix littéraire de la
Porte Dorée Mohamed Mbougar Sarr qui a fait un bref résumé des deux romands, puis il a demandé aux auteurs de faire une lecture d’un extrait de leur roman respectifs. La première question de Mohamed Mbougar Sarr : « Comment on affronter la question du silence ? «  Les deux auteurs on répondu par rapport à leur roman et à leur vécu. En effet l’écriture du roman d’Aurélie Champagne s’est faite sur la base du silence de son père elle en découvert le silence de l‘Histoire (les événements de mai 47 à Madagascar). Le silence dont Yancouba Diémé nous fait part c’est celui de l’histoire de son père. En effet l’auteur apprend à l’âge de 20 ans que son père est arrivé en bateau en France

depuis Dakar. La question du silence est largement évoquée et nourrit ces deux romans.

La deuxième partie de la rencontre c’est tournée autour de la question de la quête et de l’enquête. Aurélie Champagne raconte comment après avoir épuisé la documentation écrite autour du sujet de mai 47 à du se rendre sur place et en faisant des recherches sur son pères à mené une enquête sur un passage de notre histoire quasiment inconnu en métropole. elle dit aussi que le fil rouge de son roman s’enroule autour des mécaniques de survies et qu’advient-il de nous après la mort des autres. Yancouba Diémé lui, nous parle comment l’enquête sur son père c’est passée. Il l’a d’abord laissé parlé puis quand les réponses ont manqué il est partie sur le terrain lui aussi pour en apprendre plus sur l’histoire de son père, de sa famille, de ses ancêtres. La question de la mémoire coloniale a été abordée pour les deux romans.

Je vous invite vraiment, si vous en avez l’occasion à découvrir ses deux primo-romanciers et leur oeuvre. C’était une rencontre très intéressante, instructive et inspirante. Deux auteurs en quête de sens qui avaient vraiment envie de partager leurs expériences et l’aventure de l’écriture avec nous. Prochaine rencontre organisée par le Palais de la Porte Dorée en carte blanche à Mohamed Mbougar Sarr le 16/11/19 et le 14/12/19.

Yancouba Diémé sur Boy Diaola :

Aurélie Champagne sur Zébu Boy :

 

DE PIERRE ET D’OS

De pierre de d’os de Bérengère Cournut paru aux éditions Le Tripode.

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une lecture que j’ai faite la semaine dernière et qui m’a bouleversée. En effet, je pense que c’est un texte qui va marquer profondément mon parcours de lectrice, un texte qui va rester, dont j’entends encore l’écho. Laissez-vous portez par les chants inuits portés par le vent de la banquise et l’imaginaire de l’autrice. Bérengère Cournut nous happe dans un univers qui est pour beaucoup d’entre nous inconnu, lointain, inaccessible et désertique : la terre des inuits. De sa banquise, aux hommes qui l’habite en pensant par ses esprits, l’autrice nous fait toucher du doigt tout un monde. L’héroïne, Uqsuralik, se retrouve éloignée de ses parents à cause d’une fracture dans la banquise. C’est le point de départ d’une aventure, d’une nouvelle vie, survie devrais-je plutôt dire. Elle va devoir affronter la nature souvent hostile, la faim, le froid, les hommes et les esprits. Il y a certes des passages très durs sur  ce qu’endure cette jeune fille qui deviendra femme, mais il y a des passages lumineux comme des éclairs en pleine nuit. Une fois de plus Le Tripode a emballé ce magnifique texte dans un véritable écrin digne d’un grand joaillier. Le texte est minutieusement présenté à la hauteur de l’écriture de Bérengère Cournut et à la fin vous retrouver un cahier photos noire et blanc de la banquise et de ses habitants. Excellent texte pour découvrir cette maison d’édition. Excellent roman à offrir sans modération. Il a obtenu le prix du Roman Fnac, mérité à mon sens.

Note de l’éditeur :  « Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman). Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur. Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.

Biographie de l’autrice : Bérengère Cournut est correctrice dans la presse et l’édition et écrivaine. Un temps secrétaire du traducteur Pierre Leyris, dont elle accompagne les œuvres posthumes chez l’éditeur José Corti (Pour mémoire, 2002 ; La Chambre du traducteur, 2007), elle publie son premier roman, « L’Écorcobaliseur », en 2008. Elle a publié trois livres aux éditions Attila et deux plaquettes de poésie à L’Oie de Cravan, où elle déploie un univers littéraire onirique empreint de fantaisie langagière. Elle est également auteure de « Palabres » (Attila, 2011), publié sous le pseudonyme Urbano Moacir Espedite en collaboration avec Nicolas Tainturier (ils apparaissent en page de couverture comme « traducteurs du portugnol »). Enfin, elle publie en 2016 un roman intitulé « Née contente à Oraibi » (Éditions Le Tripode) inspiré d’un voyage qu’elle a fait sur les plateaux de l’Arizona, à la rencontre de la tribu amérindienne des Hopis.

SOIRÉE LECTURE #5

Le choix du titre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter le mot temps.

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Sandrine a ouvert la soirée avec le roman de Martin Suter Le temps, le temps aux éditions Points. Choisi car elle ne connaissait pas l’auteur et voulait le découvrir. Grand auteur Suisse allemand Martin Suter a aussi écrit Small World, Un ami parfait ou encore Lila Lila. Non seulement il y a bien le mot temps dans le titre mais en plus l’intrigue du roman est basé sur une théorie selon laquelle le temps n’existe pas. « Jamais je n’aurais pensé lire un livre entre science fiction et policier aussi troublant. »La lecture a demandé de l’énergie et de la pugnacité à Sandrine. Ce qui l’a le plus « agacé » c’est qu’il faut attendre la dernière page du livre pour savoir si cette théorie fonctionne. Tout le roman est basé sur l’élaboration de cette théorie. Deux voisins, veufs tous les deux, vont essayer de mettre tout en oeuvre pour reproduire la journée du 11 octobre 1991, date à laquelle la femme de Knupp (le plus âgé des des deux hommes, est morte). Quasiment tout le roman déroule phase après phase comment ils vont reproduire cette journée dans les moindre détails, du décor de la maison, au paysage, en passant par le jardin des voisins ou encore les voitures garées ce jour là sur le parking. Toute l’ingéniosité et la persévérance qu’il leur faut montrer pour ce projet sont décrites avec minutie. Ce que Sandrine a le plus aimé c’est l’écriture fluide et détaillée ainsi que l’idée originale du roman.

Mika a enchaîné la soirée en nous présentant Le fracas du temps de Julian Barnes paru chez Folio.Sous ce titre magnifiquement bruyant se cache en réalité une biographie de Dimitri Chostakovitch le célèbre compositeur Russe du XX siècle. C’est un livre sur le tiraillement entre son génie artistique et le poids de la pression politique. On y parle de création. Le roman commence sur une image très forte où l’on voit le personnage principale attendre sur son pallier. Il attend de se faire arrêter par la police de Staline. Dès le début on sent une tension dramatique. C’est suite a une représentation de Lady Mcbeth devant Staline et certains hauts fonctionnaires qu’il attend de se faire arrêter. En effet les critiques fusent depuis ce jour. Ce compositeur joué sur la scène internationale et jamais en Russie est un paradoxe. Ce que Mika a trouvé intéressant c’est cette confrontation entre création et pression politique. Maëva nous rappelle que dans Opéra de Paris, toute une histoire paru chez Larousse, il est fait mention de ce paradoxe et de cette histoire de Chostakovitch.

Maëva a suivi avec Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu aux éditions J’ai lu. Pour ceux qui le saurait pas encore Mathias Malzieu est aussi le chanteur du groupe Dyonisos. Le livre commence par le décès de la mère du personnage principale Mathias. Maëva trouve que l’auteur dit très bien la douleur, la perte et avec une grande justesse tous les moments d’après le deuil dont ton ne parle jamais comme le retour à la maison, le quotidien d’après l’enterrement. L’histoire se passe sur une année. Le héro va faire la rencontre d’un géant qui va l’aider à faire son deuil. C’est plein de poésie, d’images et de métaphores. Il y a des références aux univers de Lewis Caroll et de Tim Burton. « J’ai beaucoup apprécié les métaphores du vide mais il y en a trop. »

Pierre-Élie a conclu la soirée en nous présentant La griffe du temps de Judith Lyon-Caen publié à la Nrf Gallimard. C’est un essai qui raconte ce que l’histoire peut dire de la littérature. Pierre-Élie adore cette autrice, et ce de plus en plus. Elle essaye de voir ce qu’il y a d’histoire dans le roman en se basant sur la nouvelle de Barbey d’Aurevilly La vengeance d’une femme. Le mot griffe dans le titre fait référence à un passage où dans la chambre il y a un animal exotique pourvu de griffe. À travers cette image de la colonie et de l’agressivité animale l’autrice nous dit que l’auteur nous parle ainsi de la vengeance de cette femme. Une autre anecdote est qu’un homme en passant devant une galerie d’art voit une oeuvre qui le fait penser à un rêve obscène, l’autrice nous interroge : qu’est-ce qu’un rêve obscène en 1840 ?

Ont été évoqués :

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LES GARDIENS DE LA LAGUNE

Les gardiens de la lagune de Viviane Moore aux éditions 10/18

Mon avis : Je suis dans une période où je me fais vraiment plaisir en lisant des romans policiers historiques. Des romans ou des auteurs dont j’entends parler depuis des années et qu’enfin je prends le temps de lire. Voilà pourquoi aujourd’hui je vous parle de ma lecture des Gardiens de la lagune de Viviane Moore.  Je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans. En effet beaucoup de noms et de prénoms italiens (je ne suis pas du habituée), vu qu’il y a secret de famille et bien beaucoup de famille à « tentacules ». J’ai persisté dans ma lecture et pour mon plus grand bonheur ! Une fois les personnages mis à leur place dans chaque arbre généalogique, j’ai pris un très grand plaisir à découvrir  la Venise du XII ème siècle, sans pont entre les îles, avec ses bateaux qui se faufilent, se suivent, naviguent, petits et gros, sans jamais se percuter. La Sérénissime dans toute sa splendeur, au cœur d’une enquête à la Agatha Christie. Effectivement tous les protagonistes ont une bonne raison d’avoir assassiné le méchant de l’histoire. Mais n’oubliez pas que la légende raconte qu’un monstre vit dans les profondeurs de la lagune … Heureusement Hugues de Tarse est là, digne d’un Hercule Poirot oriental, il va mener l’enquête de main de maître.

Note de l’éditeur : Nous sommes en 1162, des ossements enfouis sous les décombres d’une église font ressurgir un passé que beaucoup auraient préféré garder secret… Quelques jours plus tard, un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Un meurtre qui entache le nom du doge Vitale Michiel II. Malédiction, crime politique ou vengeance ?
Hugues de Tarse aura besoin de toute sa sagacité et de celle d’Eleonor de Fierville pour comprendre à quel point les Vénitiennes jouent un rôle fatal dans cette sombre histoire d’amour, de jalousies et de haine.

Biographie de l’auteur : Viviane Moore est née en 1960 à Hong Kong, d’un père architecte et d’une mère maître-verrier.  Photographe à dix-neuf ans, elle devient journaliste indépendante, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle vit aujourd’hui près de Versailles. Sa série de romans historiques mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven l’a fait rapidement connaître du grand public, un succès confirmé avec « La Saga de Tancrède le Normand », puis la trilogie Alchemia, dans la collection Grands Détectives des éditions 10/18.
Site de l’auteur : http://www.vivianemoore.com

Les gardiens de la lagune/Viviane Moore/10/18/8.10€