Archives pour la catégorie Coups de cœur

Mes coups de cœur

LES GARDIENS DE LA LAGUNE

Les gardiens de la lagune de Viviane Moore aux éditions 10/18

Mon avis : Je suis dans une période où je me fais vraiment plaisir en lisant des romans policiers historiques. Des romans ou des auteurs dont j’entends parler depuis des années et qu’enfin je prends le temps de lire. Voilà pourquoi aujourd’hui je vous parle de ma lecture des Gardiens de la lagune de Viviane Moore.  Je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans. En effet beaucoup de noms et de prénoms italiens (je ne suis pas du habituée), vu qu’il y a secret de famille et bien beaucoup de famille à « tentacules ». J’ai persisté dans ma lecture et pour mon plus grand bonheur ! Une fois les personnages mis à leur place dans chaque arbre généalogique, j’ai pris un très grand plaisir à découvrir  la Venise du XII ème siècle, sans pont entre les îles, avec ses bateaux qui se faufilent, se suivent, naviguent, petits et gros, sans jamais se percuter. La Sérénissime dans toute sa splendeur, au cœur d’une enquête à la Agatha Christie. Effectivement tous les protagonistes ont une bonne raison d’avoir assassiné le méchant de l’histoire. Mais n’oubliez pas que la légende raconte qu’un monstre vit dans les profondeurs de la lagune … Heureusement Hugues de Tarse est là, digne d’un Hercule Poirot oriental, il va mener l’enquête de main de maître.

Note de l’éditeur : Nous sommes en 1162, des ossements enfouis sous les décombres d’une église font ressurgir un passé que beaucoup auraient préféré garder secret… Quelques jours plus tard, un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Un meurtre qui entache le nom du doge Vitale Michiel II. Malédiction, crime politique ou vengeance ?
Hugues de Tarse aura besoin de toute sa sagacité et de celle d’Eleonor de Fierville pour comprendre à quel point les Vénitiennes jouent un rôle fatal dans cette sombre histoire d’amour, de jalousies et de haine.

Biographie de l’auteur : Viviane Moore est née en 1960 à Hong Kong, d’un père architecte et d’une mère maître-verrier.  Photographe à dix-neuf ans, elle devient journaliste indépendante, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle vit aujourd’hui près de Versailles. Sa série de romans historiques mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven l’a fait rapidement connaître du grand public, un succès confirmé avec « La Saga de Tancrède le Normand », puis la trilogie Alchemia, dans la collection Grands Détectives des éditions 10/18.
Site de l’auteur : http://www.vivianemoore.com

Les gardiens de la lagune/Viviane Moore/10/18/8.10€

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LE CAPUCHON DU MOINE

Le capuchon du moine d’Ellis Peters aux éditions 10/18

Mon avis : Je lis peu de polar mais quand j’en lis j’aime bien le genre polar-historique. Apprendre étant mon leitmotiv j’en ai toujours pour mon compte ! Il y avait bien longtemps que je n’avais pas été aussi malmenée par une intrigue. À chaque fois que Cadfael, ce moine herboriste qui m’a beaucoup fait pensé à un certain Guillaume de Baskerville, arrive à ajouter une corde à son arc pour innocenter le coupable, parce-qu’il est bien ici sujet d’innocenter, ça change ; à chaque donc, un nouvel élément apparaît et l’entraîne vers une autre piste jusqu’à chevaucher sa mule pour traverser le comté.

Note de l’éditeur : Alors qu’il vient de léguer ses terre à l’abbaye de Shrewsbury, Maître Bonel meurt, empoisonné en plein repas. L’arme du crime ? Le capuchon du moine, un poison mortel. Sa provenance ? La pharmacie de frère Cadfael. Le meurtrier ? Les héritiers sont les principaux suspects et leurs mobiles, nombreux. Il n’en faut pas plus à Cadfael pour prendre l’enquête en main.
Dans cette nouvelle enquête haletante, Cadfael se dévoile et livre certains aspects étonnants de sa jeunesse.

Biographie de l’auteur : Ellis Peters, de son vrai nom Edith Pargeter, est née en 1913, dans le comté du Shropshire, à la lisière du pays de Galles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entre auWomen’s Royal Navy Service, et ses activités au département des communications lui valent la British Empire Medal, qu’elle reçoit des mains du roi George VI. À cette époque, elle fait son apprentissage de romancière et étudie la langue et la littérature tchèques dont elle traduira plusieurs œuvres majeures en anglais. Après la guerre, elle devient écrivain à part entière avec des romans historiques qui rencontrent un grand succès auprès de la critique et du public. En 1959, elle publie son premier roman policier, mettant en scène l’inspecteur George Felse. Douze titres suivront, qu’elle signe alors sous son pseudonyme. En 1977, elle publie Trafic de reliques, première chronique de la série médiévale  » Frère Cadfael « , qui compte aujourd’hui vingt et un volumes. Décédée en octobre 1995, Ellis Peters a été élevée au rang de OBE (officier de l’ordre de l’Empire britannique), pour services éminents rendus à la littérature.

Le capuchon du moine/Ellis Peters/10/18/Epub 8.99€

LA CONFRÉRIE DES CHASSEURS DE LIVRES

La confrérie des chasseurs de livres de Raphaël Jerusalmy aux éditions Actes sud collection Babel

Mon avis : ce roman m’a réconcilié avec la lecture ! En effet depuis quelques mois tous les livres que j’ouvrais me tombais des mains… J’ai adoré être addict à ce titre. En effet, sous couvert de nous raconter une suite à la biographie interrompue de François Villon, Raphaël Jerusalmy nous entraîne dans une intrigue historico-esoterico-policière des plus surprenante, intéressante et jubilatoire. J’ai adoré être menée par le bout du nez de Paris à Florence, de Jérusalem à Rome, et j’en passe. Le duo François-Colin est exquis, tant par la verve de François Villon que le côté molosse de Colin. Un plongeon très réaliste dans l’histoire à ses début de l’imprimerie où le clergé (l’inquisition ?) voit d’un mauvais œil l’arrivée des livres et du savoir pour tous …. À dévorer !

Note de l’éditeur : Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d’histoire. François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geôles de Louis XI en attendant son exécution. Quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi, il est loin d’en espérer plus qu’un dernier repas. Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l’évêque de Paris et accepte une mission secrète qui consiste d’abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s’installer à Paris pour mieux combattre la censure et faciliter la circulation des idées progressistes réprouvées par Rome. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu’aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d’en bas, dans un vaste jeu d’alliances, de complots et de contre-complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.
Palpitant comme un roman d’aventures, vif et malicieux comme une farce faite à l’histoire des idées, regorgeant de trouvailles et de rebondissements, La Confrérie des chasseurs de livres cumule le charme et l’énergie de Fanfan la Tulipe, l’engagement et la dérision de Don Quichotte et le sens du suspense d’un Umberto Eco.

La confrérie des chasseurs de livre/Raphaël Jerusalmy/Actes sud/Babel/8.70€

SOIRÉE LECTURE #4

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Le choix du livre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter un nom de ville.

Maëva a ouvert la soirée en présentant Terminus Berlin d’Edgar Hilsenrath aux éditions du Tripode. Maëva adore cet auteur qui écrit principalement sur la Shoah sur un ton absurde et déjanté. Maëva recommande particulièrement Le nazi et le barbier paru aux éditions du Tripode ou en poche chez Points, un livre qu’elle a offert des tas de fois. Terminus Berlin est toujours aussi déjanté, burlesque et farfelu mais beaucoup plus sérieux que Le nazi et le barbier. C’est l’histoire d’un écrivain juif paumé, rejeté, qui décide de retourner en Allemagne juste avant la chute du mur de Berlin, alors qu’il l’avait quitté une trentaine d’année auparavant . Description de la ville de Berlin et des allemands. L’écrivain parle aussi de la culpabilité allemande. Il y a une scène sur le mémorial de la Shoah où il n’y a rien, sur presque 10 pages. Maëva dit que ce passage est magistral. Ensuite Edgar Hilsenrath parle de Berlin post chute du mur, pour son personnage c’est le moment de devenir un écrivain à succès. Pour Maëva ce roman est une belle réflexion sur la reconstruction, la culpabilité. L’écriture est originale, c’est écrivain est passionnant. Edgar Hilsenrath est décédé juste après avoir publié ce titre, en début d’année.

Olivier a enchaîné en nous parlant de Cherbourg de Charles Daubas, premier roman qui vient de paraître aux éditions Gallimard. Pour choisir son roman Olivier a fait confiance a une critique des Inrocks. C’est un thriller, comme les dernières lectures d’Olivier : Série noire de Bertrand Scheffer ou Pas de dupe de Ravey paru chez Minuit. Rade de Cherbourg, été 2012. Une étrange explosion emporte une partie de la digue. Elle pourrait être liée à la démolition du quartier des Provinces, peu de temps auparavant. Les chantiers de l’Arsenal, où l’on démantèle un sous-marin nucléaire, sont également mis en cause et l’affaire est vite classée «secret défense». Jusqu’à ce qu’un adolescent prétende qu’un de ses camarades a disparu dans l’explosion. Olivier pense que l’idée du port et la notion de frontières sont très important dans le livre. Il nous a lu des passages de descriptions, point fort de l’auteur, avec des images fortes.

Sandrine a présenté La bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak paru en poche chez 10/18. Lecture du début du  premier chapitre « Cannelle » (tous les chapitres ont un nom d’épice ou de fruit), qui situe la ville d’Istanbul sous la pluie et met l’accent sur le style de l’autrice. C’est un livre foisonnant, vivant et passionnant. Une histoire de femmes Turques et Arméniennes à travers l’histoire. Ce roman met évoque le poids du passé, il questionne aussi : est-ce que l’on doit porter aujourd’hui le erreurs de nos ancêtres ? L’autrice met en avant une Istanbul d’aujourd’hui vivante, avec une jeunesse qui se questionne sur son avenir. Une ville prise entre tradition et modernité, où l’on enseigne l’histoire « nationale » en omettant des passages sombres comme le génocide arménien, qui du coup après quelques génération n’est absolument pas connu des turcs. C’est un roman passionnant et envoûtant, un roman à tiroirs, chorale, avec de très beaux portraits de femmes, sensibles et fortes, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines, oui il est aussi question de voyage dans ce roman. Sandrine comprend pourquoi ce roman sortie il y a déjà plusieurs années a eu autant de succès, ça lui a même donné envie de lire un autre roman de cette autrice : Soufi mon amour, qu’elle a encore plus aimé …

Mika a clôturé la soirée en parlant de Kiruna de Maylis de Kerangal paru aux éditions La contre allée (Délaissant les grands axes, j’ai pris la contre-allée. Alain Bashung). Elle a choisi ce titre car a déjà beaucoup lu de roman de cette autrice et a toujours beaucoup aimé son style et la façon dont elle s’investit pour écrire ses romans, les recherches qu’elle mène pour être au plus près de son sujet. Cette ouvrage est le résultat d’une résidence d’écrivain qui s’appelle Mineurs d’un autre monde. Mika a été surprise de la forme, elle pensait lire un roman et c’est en fait un reportage littéraire. Kiruna se situe en Laponie, c’est une ville mais aussi la plis grande mine de fer au monde. La mine s’étend tellement que la ville risque de s’effondrer et qu’il faut trouver un moyen de déménager ses habitants. Kiruna revêt un aspect organique, on y plonge comme dans un corps. Mika a eu le sentiment de lire un un essai préparatoire a un roman avec beaucoup de potentialité romanesque surtout dans la première partie.

UNE ANNÉE LUMIÈRE

Une année lumière de Natacha Appanah aux éditions Gallmiard

Une année lumière de Natacha Appanah, c’est une année de chroniques écrites pour le magazine La Croix. Des chroniques sur l’identité, l’actualité,l’Île Maurice ou Mayotte, l’héritage, le féminisme, la transmission, l’écriture…Tous ces sujets sont traités du point de vue de l’intime et donnent à découvrir une auteure et une femme sensible et pleine d’humanité. Avec ses coups de gueule et ses coups de cœur, Natacha Appanah se livre entière et honnête tout en bienveillance (mot qu’on utilise pas assez, non ?). À dévorer ou picorer au grès de vos envies.

Une année lumière/Natacha Appanah/Gallimard/  €

LA NUIT DU CŒUR

La nuit du coeur de Christian Bobin aux éditions Gallimard

Le livre le plus poétique de la rentrée littéraire. Conques. L’auteur s’y rend et tombe en admiration devant son abbatiale. L’inspiration lui vient du plus loin du XIème siècle et le transcende. Réflexions sur l’écriture, l’inspiration, l’amour se succèdent dans un entrelacs poétique. 104 chapitres comme autant d’étapes pour atteindre l’extase littéraire. Un pur joyau à lire, à relire. Comme le dit si bien Christian Bobin « les livres aimés sont des moulins à prières. » Je valide ! J’ai donc déjà lu et relu, surligé et appris certains passages. SUBLIME !

La nuit du coeur/Christian Bobin/éditions Gallimard/  18€

LE SILLON

Le Sillon de Valérie Manteau aux éditions du Tripode

Le seul roman de la rentrée littéraire des éditions du Tripode. Un roman dont nous allons beaucoup entendre parler dans cette rentrée littéraire. Un roman foncièrement politique, sur Hrant Dink, sur comment être arménien aujourd’hui en Turquie. Où l’on parle de ce qui se passe aujourd’hui, de sa situation politique, de poésie, de militantisme, de la place des arméniens aujourd’hui en Turquie, de Charlie Hebdo aussi. Où des auteurs comme Elif Shafak , Ohran Pamuk, Aslie Erdoğan ou encore Nazim Hikmet sont évoqués. A travers le regard un peu naïf d’une jeune française exilée en Turquie, à Istanbul, nous vivons son quotidien. L’écriture de Valérie Manteau est à fleur de peau, un peu comme son héroïne qui se cherche dans cette ville aux chants polyphoniques venus d’Arménie, de Syrie ou d’ailleurs.

C’est un roman qui donne les clés pour une lecture plus fluide de la situation des intellectuels turcs, qui éclaire sur la géopolitique ce cette région du monde qui nous paraît parfois inaccessible.

Pour aller plus loin :

Pinar Selek Parce qu’ils sont arméniens éditions Liana Levi

OhranPamuk Maudit soit l »espoir éditions Gallimard

Asli Erdoğan Le bâtiment de pierre édititions Actes Sud

Emra Serbes Taksim moonwalk chez Belleville éditions

Hrandt Dink Etre Arménien en Turquie éditions Emreinte

Nazim Hikmet C’est un dur métier que l’exil le Temps des Cerises éditeurs

Elif Shafak La bâtarde d’Istanbul éditions 10/18

Le Sillon/Valérie Manteau/Le Tripode/  €

 

 

LES FILLES DU DJIHAD

Les filles du djihad de Tabish Khair aux éditions du Sonneur

Les filles du djihad de Tabish Khair est aussi puissant que Les cerf-volants de Kaboul*, roman qui racontait, des années 70 à nos jours, un pays dévasté par la guerre : L’Afghanistan, à travers une histoire d’amitié. Les filles du djihad est une chronique de la montée du pouvoir de daech en Syrie et dans le monde, et raconte comment la manipulation est peut-être leur pouvoir le plus dangereux. Ameena et Jamila en sont les héroïnes, deux adolescentes musulmanes si différentes et pourtant musulmanes et issues  de l’immigrations. Ce qui m’a plu c’est d’être au plus prêt de ce que peut ressentir une jeune femme qui veut juste pratiquer sa religion sans être jugée, d’être au cœur du processus de radicalisation. L’auteur m’a menée par le bout du nez et j’ai adoré ça. Tabish Khair a l’art d’emmener son lecteur où il veut jusqu’au moment où il change de direction sans qu’on s’y attende et rende le récit bouleversant ! Ce roman à tout les critères réunis pour en faire un classique, un témoignage de son époque. À lire absolument pour mieux comprendre ce qui peut pousser ces jeunes gens à devenir des fanatiques, à aller jusqu’à devenir kamikazes. BRILLANT !

Les filles du djihad/Tabish Khair/éditions du Sonneur/ 19 €

*Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini disponible aux éditions 10/18

COMMENT T’ECRIRE ADIEU

Comment t’écrire adieu de Juliette Arnaud aux éditions Belfond, collection pointillés

Alors vous me direz que le sujet principal des chansons et des romans c’est l’Amour et qu’il a été traité des milliers de fois et je vous dirais que oui c’est vrai. Mais pourquoi (me direz vous encore) je vous parle de Comment t’écrire adieu de Juliette Arnaud ? Et bien parce qu’il s’agit là d’une rupture. Parce que chaque chapitre est vécu autour d’une chanson. Que j’adore la musique (la musique c’est la vie !). Parce que j’ai eu l’impression qu’une amie me faisait des confidences. Parce que c’est merveilleusement écrit. Que c’est un moment écrit sur le vif, avec les émotions de l’instant, sans enjoliver la réalité. Parce que c’est écrit intelligemment, Juliette Arnaud est brillante sans aucun doute. Parce que j’ai adoré lire ces parenthèses (je vous laisserais les découvrir, du pur bonheur). Un coup de cœur incontournable de cette rentrée vous l’aurez compris. Merci, Juliette, merci, bisous, merci !

Comment t’écrire adieu/Juliette Arnaud/Belfond/  17€