Guest de l’été, N° 4

album-cover-large-29966J’ai l’immense plaisir de recevoir la bllogueuse des Bonheurs de Cassandre pour la quatrième session de guest. Je vous invite vivement à découvrir son blog sur la littérature jeunesse, pleins de belles découvertes en perspective ! Je lui laisse donc la parole :

 » Aurore est une adolescente en pleine crise. Elle a le sentiment qu’il ne se passe rien dans sa vie. Il faut dire que sa petite sœur Sophie est un génie alors qu’elle-même est plutôt médiocre au collège. Quant à sa grande sœur Jessica, elle n’aime rien tant que provoquer ses parents ce qui met un peu d’animation dans la maison. C’est sur ce constat qu’elle décide de commencer un journal. Heureusement Aurore a une meilleure amie Lola avec laquelle elle partage tout : ses interrogations existentielles ainsi que  ses désillusions sentimentales car l’une comme l’autre n’ont pas d’amoureux.

Jamais contente… toujours fâchée est le premier tome du Journal d’Aurore en bande dessinée. Il est adapté du best-seller éponyme pour les adolescents de Marie Desplechin, une trilogie dont le premier tome est paru il y a 10 ans. C’est en découvrant Milady d’Agnès Maupré, bande dessinée historique pour adulte parue chez Ankama, que celle-ci  a découvert  l’illustratrice et a été séduite par son style.

En effet elle crée une Aurore nonchalante très ressemblante à l’héroïne du roman. Toutes les deux ont collaboré pour respecter l’esprit du texte. Notre ado n’a pas pris une ride en dix ans et on rit toujours autant en lisant les réparties parfois acerbes de cette jeune fille !

Dès 10 ans « 

Le journal d’Aurore T. 1 / Rue de Sèvres Edition / 15€

Guest de l’été, N° 3

91aNfqQBCuLPour cette troisième chronique des « guest de l’été », j’ai le plaisir de recevoir Muriel du blog livrons-nous. Un blog actif sur les lectures que fait Muriel mais aussi ses photos, son club de lecture ( dont je fais partie 😉 )et les sorties culturelles qu’elle fait ; je vous invite notamment à lire ses comptes rendus des conférences d’Alain Mabanckou au Collège de France. Trève de blabla je lui laisse la parole :

 » Les Valeureux d’Albert Cohen est un livre  réjouissant par son humour et sa langue inventive qui accompagnent les personnages, les magnifient  sans jamais les ridiculiser. J’aime les accents bibliques des dialogues, le lyrisme présent jusque dans les insultes que s’échangent les personnages ! Le passage qui me ravit est celui de la leçon de séduction amoureuse de Mangeclous, qui s’improvise recteur et professeur de l’Université supérieure et philosophique de Céphalonie. Il détaille toutes les étapes de la séduction lente et soignée et de la séduction rapide ( utilisée seulement dans les cas de grande urgence). Texte à lire et à partager à haute voix, pour sa beauté et sa drôlerie. Une lecture de plage sans aucun doute ! « 

Les Valeureux / Folio Gallimard / 8,20 €

Guest de l’été, N° 5

9782070445523Sukkwan Island de David Vann aux éditions folio

Sébastien est poète, artiste peintre et grand lecteur. Je vous laisse découvrir son blog ici, et lui laisse la parole :

 » Un vrai roman. Brut, efficace, où l’espoir n’apparait jamais réellement, mais quelle style, quelle écriture ! Un père et son fils à l’histoire compliquée font face avec les moyens du bord à une nature impitoyable. Une sorte dInto The Wild familial, où l’on a l’impression que quelque chose est là, autour, qui observe. Mais est-ce seulement la forte présence naturelle qui est à l’origine de ce sentiment?

Il n’est pas possible de deviner à l’avance les différents événements qui vont survenir.

Mais l’on sent dès le départ que quelque chose rôde en silence, là, tout prêt…   »

Sukwan island / Folio /  7,10€

Guest de l’été, N° 2

I23406The Girls d’Emma Clime aux éditions la Table Ronde

Bienvenue au bruit des livres, blog que j’adore et qui m’avait déjà invitée à écrire un article. J’adore le travail pointu que fait cette blogueuse. Des lectures et des avis aiguisés, un blog à suivre de toute urgence si ce n’est pas déjà le cas ! Je lui laisse la parole :

« Etats-Unis fin des années 60. Fragilisée par les départs successifs de son père et de son amie d’enfance et par les atermoiements affectives de sa mère, Evie -14 ans- trouve refuge auprès de jeunes filles -dont l’énigmatique et charismatique Suzanne- qu’elle pensait libres, indépendantes et fortes mais qui finalement s’avèrent n’être que des « poupées » brisées et manipulées par les gourous sans scrupule qui dirige la secte hippie dans laquelle elles vivent.

Bien que devenue adulte et ayant quitté ce milieu, Evie ne pourra jamais se défaire de cet épisode ni de celle qu’elle fut alors.

Encore une fois, les éds de La Table Ronde nous offre un roman qui -avec finesse, intelligence et perspicacité- peint tout autant le portrait d’une jeune fille en mal de repère et celui d’une Amérique des années 60 en pleine confusion. Ce brillant roman n’est pas sans rappeler le parcours funeste de Charles Manson.  Attention coup de coeur !!!  » « 

Emma Clime / La table Ronde / 21€

Guest de l’été, N° 1

grange_lontano_congoLontano et Congo Requiem de Jean-Christophe Grangé aux éditions Albin Michel

Ma première invitée est une blogueuse que j’aime beaucoup Jessica de Les vies denses. Elle a bien voulu jouer le jeu et partager avec nous un conseil lecture pour cet été. Je lui laisse la parole :

« Mon coup de cœur pour cet été est le compagnon idéal des chaudes journées d’été et de vos futures nuits blanches : le dyptique Lontano / Congo Requiem. Jean Christophe Grangé nous livre un polar axé sur la famille Morvan, pleine de failles et de secrets, confrontée à un tueur pervers et machiavélique au possible – l’Homme-Clou’ (et croyez moi , son surnom ne lui vient pas de sa passion pour le bricolage en vue de refaire sa déco d’intérieur !). Quand le passé tourmente le présent, quand la froideur de la France se confronte à la chaleur moite du Congo, quand les croyances ancestrales rejoignent la réalité, c’est le lecteur qui suffoque (et en redemande) … »

Congo Requiem / Albin Michel / 24,90€

Lontano / Albin Michel / 24,90€

Aventures dans l’armée rouge

aventures-dans-l-armee-rouge-715963-250-400 dans l’armée rouge de Jaroslav Hasek aux éditions Ibolya Virag et La Balconnière illustrations Josef Lada

Un texte aussi court qu’hilarant sur la guerre civil en Russie. C’est le témoignage de son auteur publié en 1921 dans la presse tchèque, sur son expérience dans l’armée rouge. Toutes ces situations où il décrit une bureaucratie absurde, lente et abusive, sont d’une drôlerie redoutable et ne sont pas sans rappeler une certaine bureaucratie du 21 ème siècle. L’histoire de ce petit bureaucrate envoyé à Bougoulma, au fin fond d’on sait où, propulsé gouverneur, intuitif et cynique. Comment il va se faire renversé puis reprendre le contrôle. L’art de la manipulation poussé à son paroxysme. On devrait tous avoir lu ce petit texte réjouissant aux accents du Dictateur d’un certain Chaplin.  Les illustrations de Josef Lada ajoutent à la drôlerie de ce texte incontournable. A lire et à offrir sans modération !

Aventures dans l’armée rouge / Jaroslav Hasek / Ibolya Virag – La Baconnière / 8 €

 

Espaces blancs

couv_espaces_blancsEspaces blancs de Paul Auster aux éditions Unes

Se tenait cette semaine le 34ème marché de la poésie place Saint Sulpice , l’occasion pour moi de vous parler d’une découverte remarquable. On connait Paul Auster le romancier publié aux éditions Actes Sud pour son oeuvre romanesque, mais on connait moins Paul Auster le poète publié aux éditions Unes. Dans les deux cas un « écrivain du hasard et des failles du langage » . Et c’est bien de cela dont il est question dans ce petit opuscule d’une quarantaine de pages. Le langage et le rapport au corps, le langage et le silence, l’importance de tout « cela ».

 » Quelque chose se passe, et du moment que ce la a commencé, rien ne sera plus pareil. « 

Je n’ai qu’une seul envie, qu’un seul désir c’est de lire à voix haute ce texte, de le partager avec le plus grand nombre de personne, tellement de sens dans un texte écrit par une nuit du nouvel an 1979. Un bijou ! Un cadeau formidable, je remercie son éditeur pour cette découverte remarquable !

Espaces blancs / Paul Auster / Editions Unes / 12 euros

Haroun et la mer des histoires

 

Rushdie-Haroun.inddUne lecture qui fait du bien, un indispensable !

Folio a eu l’excellente idée de republié en 2010 un chef d’oeuvre de la littérature : Haroun et la mer des histoires de Salman Rushdie. Il est des livres qui marquent éternellement votre vie de lecteur, et bien Haroun et la mer des histoires en fait parti. Conseillé par une amie libraire qui réclamait sa reparution depuis des années, je me suis jetée à corps perdu dans cette histoire fabuleuse et extraordinaire. En effet, Haroun, s’apercevant que son père conteur a perdu son inspiration, décide alors de partir à la recherche de celle-ci dans un pays merveilleux. Un tas d’aventures et de rencontres lui arrivent. Drôle et touchant c’est un livre que je conseille encore aujourd’hui avec une joie folle. Une ode à la liberté de création !

Verre Cassé

mabanckou_verrecasseVerre cassé d’Alain Mabanckou aux éditions Points

On ne présente plus le désormais très célèbre Alain Mabanckou. Outre ses fonctions universitaires à UCLA, sa chaire de création artistique au collège de France, c’est un immense auteur, récompensé par de nombreux prix littéraires et par le public qui le suit depuis plus d’une dizaine d’années. Prix des cinq continents de la Francophonie, je garde de Verre cassé un souvenir de lecture immuable.  En effet son héros éponyme fréquente un bar nommé « Le crédit à voyager » tenu par l’Escargot Entêté. Le patron de ce bar miteux va demandé à Verre Cassé d’établir le portrait des clients qui fréquentent le bar. Cela va donner naissance à une suite de portraits tous plus haut en couleur les uns que les autres. Il y a une veine oulipienne dans l’écriture de ce roman, je vous en laisse la surprise.  Alain Mabanckou nous fait un plaisir immenses en cachant au gré du texte des références littéraires. Ce roman est un pépite littéraire, un bijou qu’on offre à toutes occasions. Une lecture qui ce partage de Brazzaville à Paris ou de Los Angeles à Reykjavík. Hâte de lire vos commenatires.

Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui

Dans le cadre de sa chaire de création artistique au collège de France, l’auteur de Verre cassé Alain Mabanckou a organisé un colloque le lundi 2 mai 2016 au collège de France sur la thématique : Penser et écrire l’Afrique aujourd’hui. Une quinzaine d’invités sont intervenus sur cette thématique. Penseur, chercheurs, écrivains, philosophes, journalistes,ou encore économistes, chacun avait son mot à dire. Sont intervenus:

Souleymane Bachir Diagne, Lydie Moudileno, Séverine Kodjo-Grandvaux, Célestin Monga, Sami Tchak, Armand Gauz, Lucy Mushita, Dieusonné Niagouna, Pascal blanchard,  Pap Ndiaye, Rokhaya Diallo, François Durpaire, Dominic Thomas, Dany Laferrière, Françoise Vergès, Achille Mbembe, et un invité surprise a clos ces interventions : Marc Alexandre Oho Bambe.

Il m’est impossible de résumé cette journée foisonnante d’idées, de pensées et de reflexions, c’est pourquoi je fais le choix de vous retranscrire quelques interventions que j’ai trouvé particulièrement brillantes, à commencer par celle de Souleymane Bachir Diagne.

Souleylane Bachir Diagne intervenait sur le thème Le philosophe africain comme traducteur. Penser l’Afrique c’est penser de langue à langue, s’est être capable de se décentrer, de traduire. La langue des langues serait alors la traduction. Comme disait Umberto Eco « faire l’éloge des langues ».

Ce que je retiens en particulier de l’intervention de Lydie Moudileno c’est qu’il est nécessaire que que la fiction rende le continent habité et habitable ; que le lectorat de la diaspora, les afro-descendants, afropollitains, sont un lien avec le continents perdu, ce sont des chercheurs d’Afrique comme le titre d’Henri Lopes. Parce-que l’histoire de l’Afrique est liée aux histoires du monde, parce-que la littérature c’est la possibilité de traversé des pensées, alors il est important de ne pas se recroqueviller et de s’exposer à l’altérité.

Célestin Monga dont le sujet était Penser une Afrique affamée , a rappelé que jusqu’au XVIII ème siècle toutes les régions du monde étaient pauvre et que c’est avec la révolution industrielle que cela a changé. Aucun pays au monde n’a eu d’institutions solides quand il avait faim, il ne faut pas négliger l’aspect économique quand on veut penser l’Afrique. Il faut élargir le corpus de la géographie de la philosophie.

Lucy Mushita a fait une intervention extrêmement applaudie sur la femme africaine : Africaines d’aujourd’hui, africaines d’hier. En s’appuyant sur son expérience personnelle, elle nous explique que la vision de la femme africaine n’a guère évoluée depuis les colonies. En effet la vision de la femme reste cantonnée le plus souvent à une projection d’un fantasme, à une obsession de sa sexualité et d’un rapport au corps intriguant. Elle part du principe que les premiers écrits sur la femme africaine furent ceux des colons partis seuls et ramenant une image sexualisée et exotique de la femme africaine, que les premières images furent celles de cette vénus au corps exposé au musée de l’homme jusque dans les années 70. Et que l’inconscient collectif garde au plus profond de lui ces images et ce rapport au corps. Elle conclue brillamment « et oui une africaine est une écrivaine ».

Sans oublier l’intervention très remarquée de Pascal Blanchard sous le titre La France noire au regard de l’histoire de France. Encore une fois un discours remarquable. Il a insisté sur le fait qu’on ne nous enseigne pas l’histoire des noirs en France bien que très ancienne. C’est une histoire à la marge, invisible, et c’est grâce à des initiatives telle que le livre Le Paries Noir publié aux éditions Hazan, ou à travers La France Noire aux éditions de la Découverte, que l’histoire passe des ténèbres à la lumière, tout comme l’avait justement dit Alain Mabanckou lors de sa leçon inaugurale. Pascal Blanchard précise et conclue que la France a un problème à raconter l’histoire des colonisations, de l’esclavage alors que cette histoire fait la France d’aujourd’hui.

Ce ne sont que quelques interventions que j’ai choisi de vous proposer ici. Ce fut une journée incroyablement riche, et j’ai eu comme l’impression d’assister à un grand moment de l’histoire. J’espère que cette chronique qui change de ce que j’ai pu vous proposer jusqu’ici vous plaira. J’attends vos commentaires avec une grande impatience.

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