Archives du mot-clé Afrique

NOËL, NOËL, TU VAS VENIR BIENTÔT … Partie 2

Suite des idées cadeaux pour un Noël en poche :

L’île du point Némo / Jean-Marie Blas de Roblès / Points / 8€

 

Pour les amoureux d’aventures en aventures. Impossible à lâcher !

 

Allah n’est pas obligé / Amadou Kourouma / Points / 7€

L’histoire d’un enfant soldat raconté par lui-même. Pour ceux qui veulent s’immerger dans l’histoire de l’Afrique !

 

Uiesh / Joséphine Bacon / Mémoire d’Encrier / 12€

Parce que la vie et vieillir c’est de la poésie et que Joséphine Bacon le décrit à merveille ! Pour tous les amoureux de poésie et de la vie !

 

Publicités

Soirée lecture #1

Le 6 octobre dernier a eu lieu une soirée lecture des plus stimulante. En effet, depuis quelques temps, nous nous réunissons entre amoureux de lecture pour parler de livres. Le principe étant de parler d’une lecture qui nous a marqués et qu’on a très envie de partager.

Pour cette édition c’est Maëva qui nous recevait et nous étions 4 avec Pierre-Élie et Mika, un grand merci donc à Maëva pour nous avoir accueillis .

                                                 

C’est Pierre-Élie qui a commencé à prendre la parole pour nous parler de Si de Lise Marzouk paru aux éditions Gallimard. Pierre-Élie a surtout voulu partager avec nous son désappointement quand à la médiocrité de ce texte qu’il a déjà chroniqué sur son blog. Il reproche à l’auteur le manque de style et de questionnement sur un sujet qui aurait pu être plus amplement traité : le cancer de son enfant. Lise Marzouk normalienne, fait beaucoup de citations issues de la littérature médiévale au XXème siècle, sans réel lien entre les émotions ni aucune hiérarchie. Pierre-Élie dit que d’autres auteurs sont parvenus à écrire des romans splendides sur le sujet avec tout un questionnement relatif à ces situations, comme Philippe Forest dans L’enfant éternel.

Si / Lise Marzouk / Gallimard / 21€

 

                                                   

Ensuite Maëva a parlé de son ressenti de lecture de Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard paru aux éditions de Minuit et dont Pierre-Élie avait fait une chronique. Maëva dit qu’elle n’a pas pu lâché ce texte, que c’est une chose rare. C’est une écriture passionnelle. En deux parties aux rythmes différents. À fond dans la souffrance de la fin d’une histoire. L’autrice joue sur l’écho à commencer par le titre. Énorme coup de cœur !

 

                                                        

C’est Mika qui a pris la relève en parlant de 4,3,2,1 de Paul Auster paru aux éditions Actes Sud. Mika a passé tout l’été avec ce livre de plus de 1000 pages. 4 récits parallèles d’un même personnage issu de l’immigration russe aux États-Unis des années 50 à la fin des années 60. C’est écrit sur le principe du « et si « ; et si le personnage répondait ça au lieu de ça, que ce serait il passé ? Le personnage principale, Ferguson, est un peu l’alter égo de Paul Auster. Mika dit que c’est agréable d’être embarquée dans des histoires, d’êter enveloppée par elles. Le roman traite aussi de comment les éléments de vie influent sur la personnalité

4321 / Paul Auster / Actes Sud / 28€

                                         

Maëva a choisi de parler de Le jour où mon père s’est tu de Virginie Linhart aux édtions Points Seuil. L’autrice est aussi documentariste,et a notamment réalisé un documentaire sur mai 68. C’est la fille de Robert Linhart, acteur de mai 68 fondateur du mouvement maoïste en France. Ce livre est une enquête sur le milieu militant à travers le prisme de la famille et notamment des enfants de ces derniers. Virginie Linhart parle donc de son enfance et essaye de comprendre pourquoi toutes ces familles voilent en éclats, comme la sienne. Elle tente de savoir comment on est enfant dans une famille politique. Que deviennent ces enfants ? Il existe peu de témoignage donc l’autrice est partie à la rencontre de ces personnes. Maëva dit que c’est un livre hyper intéressant d’un point de vue sociologique et politique.

Le jour où mon père s ‘est tu / Virginie Linhart / Points Seuil / 6.50€

 

                                                        

C’est donc moi qui aie clôturé la séance avec le recueil de poèmes de Joséphine Bacon, Uiesh paru aux éditions Mémoires d’encrier. Reçu la veille au soir, je l’ai ouvert et refermé uniquement à la fin de ma lecture. Relu au réveil le lendemain matin. Immense coup de cœur poétique. Un recueil de poèmes vivifiants et lumineux. L’âge de la sagesse, l’héritage de ses ancêtres innus, l’hiver, la nature, les cieux, le vent, sont autant de thématiques abordés avec une puissance implacable ! Nous avons lu chacun plusieurs textes et ce fût un merveilleux moment de partage.

« Je vis la grandeur du vent / Je sens sa beauté / Le vent me prend dans ses bras / Il souffle un air mélodieux / Que j’aimerais écrire. « 

Uiesh / Joséphine Bacon / Mémoire d’encrier / 12€

LES VOYAGES DE SABLE

Les voyages de sable de Jean-Paul Delfino aux éditions Le Passage

Jaume, né en 1702 à Marseille, décide de se raconter à un bistrotier nommé Virgile de nos jours. Oui vous avez bien lu et compté, ça lui fait presque trois siècles et demi et alors ? Oui il est frappé d’immortalité, et alors ? Ça arrive à des gens bien, non ? Impossible de classer ce livre mis à part dans les coup de cœur. C’est une ode à la vie mais c’est aussi un point de vue sur l’homme et l’humanité à travers ces siècles de guerres, de commerce triangulaire, du ruée vers l’or, … C’est l’histoire de Jaume mais c’est aussi l’Histoire. A travers son personnage, sa vie nous le suivons lors de la peste de Marseille, il nous entraîne en Abyssinie sur des champs de café, quand on le croit installé en Guyane c’est pour mieux repartir en Afrique…Bref, une épopée addictive. Virgile et le quartier de la rue Saint André des Arts à Paris se raconte un peu également. Quel plaisir de lecture !

Les voyages de sable/Jean-Paul Delfino/Le Passage/  19€

Lagos Lady

Lagos Lady de Leye Adenle

Je lis peu de polar, il est donc rare de lire une chronique de roman policier sur mon blog. Mais là je me suis laissée prendre au jeu. Celui du chat et de la souris dans un Lagos, Nigéria, sombre et lumineux, pauvre et richissime, un ville de paradoxe où la modernité côtoie les traditions. J’ai beaucoup aimé l’idée que l’héroïne soir une femme dont le travaille est de sauver d’autres femmes. Accompagnée par un homme un peu largué, maladroit, complètement paumé dans sa vie personnelle et professionnelle, certes ex rugbyman…vous pensez que ça m’a influencé ? …

Je vous conseille vivement de lire ce roman au rythme soutenu, sa construction le rend addictif, ses personnages attachants ou détestables tout autant. Une enquête qui commence dans les bas fonds, lugubres et malsains,  de cette ville nigériane,  et qui nous entraîne dans les villas somptueuses ou l’argent fait la loi.

Lagos Lady/Leye Anenle/Points/7,80€

Nous sommes tous féministes

Nous sommes tous féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

L’auteure de Americanah, nous donne à lire ici une pépite, un bijou d’intelligence, de bon sens et de bienveillance. Ecrit pour une conférence Tedx il était impératif de mettre ce texte à la portée de tous. En effet, ce petit livre à 2€ remet les pendules à l’heure sur ce qu’est et devrait être le féminisme (en tout cas d’après moi). Une lutte qui concerne tout le monde, hommes et femmes. Je vous invite vraiment à le lire, à l’offrir sans modération (pour ma part c’est un cadeau qu’on m’a fait). Ce petit opus brillant comme vous l’aurez compris, est suivi d’une nouvelle de Chimamanda Ngozi Adichie qui illustre à merveille le sujet…

La seule chose que je peux vous dire c’est LISEZ-LE !

Nous sommes tous féministes/Chimamanda Ngozi Adichie/Folio, Gallimard/2€

Courir après les ombres

courir apres les ombresCourir après les ombres de Sigolène Vinson éditions Plon

C’est l’histoire de Paul Deville qui en a marre du système capitaliste et qui décide de tout plaquer pour faire sa révolution en travaillant pour les chinois afin de faire couler l’occident. C’est aussi l’histoire de sa quête, comme une lueur d’espoir, il cherche les poèmes jamais écrit de Rimbaud. S’il les trouve alors le poète qu’était Rimbaud aura pris le dessus sur sa condition de marchand d’armes…

C’est l’histoire d’une quête d’absolu, d’économie mondiale, d’amour, et de poésie. Je trouve que c’est un roman extrêmement réussi que nous propose l’auteure  du Caillou (éditions Tripode). Cette fois elle nous emmène dans la corne de l’Afrique, en Chine, à Marseille, sur des bateaux (ivres?), … Les personnages secondaires sont tous aussi complexe que Paul. Ils sont tous d’une manière ou d’une autre en quête d’une vérité.

Un roman d’une grande sensibilité. Et quelle belle question au fond: la poésie peut-elle sauver l’homme de sa condition ?

Conseil de lecture pour cet été n°8

1518336-gf     La vie sans fards, Maryse Condé

Je pensais que Maryse Condé allait ouvrir son cœur dans cette autobiographie pour rétablir la vérité sur son parcours et écailler un peu  le vernis. Mais non ! Elle va beaucoup plus loin: elle y met ses tripes! C’est l’un des points forts de son  roman publié en 2012 aux éditions Lattes: La Vie Sans Fards (éditions Pocket depuis juin 2014).

C’est sans concession qu’elle revient sur son histoire et c’est avec beaucoup d’émotions que j’ai découvert une femme blessée et une battante. J’ai appris avec stupeur ses rapports compliqués avec ses enfants mais aussi avec l’Afrique ou encore avec les hommes.

J’ai été bouleversée par le regard que Maryse Condé porte sur son rôle de mère, l’amour dur à exprimer, l’abandon, tout ce que son premier amour lui a fait subir avant de la quitter pour sauver Haïti. A mon avis, c’est suite à cette terrible expérience qu’elle verrouille son cœur même à ses enfants.

Page après page je me suis demandée comment elle faisait pour rester debout, digne, sans perdre espoir, sans sombrer. Elle reste fidèle à elle même malgré tout. Cela réveille des questions que nous devrions tous nous poser : Qu’est-ce qui fait notre identité? Est-ce d’où l’on vient? Est-ce où l’on vit ?

Maryse Condé signe une belle leçon de vie

Maryse Condé retrace avec précision l’Histoire de l’Afrique des guerres de décolonisation. Je me suis laissée embarquer au cœur des coulisses de l’Histoire avec un grand H, auprès des hommes qui ont participé à cette période pour mieux comprendre les révoltes, les coups d’état, les manipulations…

Cette lecture a éclairé sous un nouveau jour toute son œuvre, à chaque ouvrage qu’elle a écrit correspond un événement marquant de sa vie, comment ne pas relire SégouLe cœur à rire et à pleurer ou encore Moi, Tituba sorcière sous un autre jour?