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Soirée lecture #1

Le 6 octobre dernier a eu lieu une soirée lecture des plus stimulante. En effet, depuis quelques temps, nous nous réunissons entre amoureux de lecture pour parler de livres. Le principe étant de parler d’une lecture qui nous a marqués et qu’on a très envie de partager.

Pour cette édition c’est Maëva qui nous recevait et nous étions 4 avec Pierre-Élie et Mika, un grand merci donc à Maëva pour nous avoir accueillis .

                                                 

C’est Pierre-Élie qui a commencé à prendre la parole pour nous parler de Si de Lise Marzouk paru aux éditions Gallimard. Pierre-Élie a surtout voulu partager avec nous son désappointement quand à la médiocrité de ce texte qu’il a déjà chroniqué sur son blog. Il reproche à l’auteur le manque de style et de questionnement sur un sujet qui aurait pu être plus amplement traité : le cancer de son enfant. Lise Marzouk normalienne, fait beaucoup de citations issues de la littérature médiévale au XXème siècle, sans réel lien entre les émotions ni aucune hiérarchie. Pierre-Élie dit que d’autres auteurs sont parvenus à écrire des romans splendides sur le sujet avec tout un questionnement relatif à ces situations, comme Philippe Forest dans L’enfant éternel.

Si / Lise Marzouk / Gallimard / 21€

 

                                                   

Ensuite Maëva a parlé de son ressenti de lecture de Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard paru aux éditions de Minuit et dont Pierre-Élie avait fait une chronique. Maëva dit qu’elle n’a pas pu lâché ce texte, que c’est une chose rare. C’est une écriture passionnelle. En deux parties aux rythmes différents. À fond dans la souffrance de la fin d’une histoire. L’autrice joue sur l’écho à commencer par le titre. Énorme coup de cœur !

 

                                                        

C’est Mika qui a pris la relève en parlant de 4,3,2,1 de Paul Auster paru aux éditions Actes Sud. Mika a passé tout l’été avec ce livre de plus de 1000 pages. 4 récits parallèles d’un même personnage issu de l’immigration russe aux États-Unis des années 50 à la fin des années 60. C’est écrit sur le principe du « et si « ; et si le personnage répondait ça au lieu de ça, que ce serait il passé ? Le personnage principale, Ferguson, est un peu l’alter égo de Paul Auster. Mika dit que c’est agréable d’être embarquée dans des histoires, d’êter enveloppée par elles. Le roman traite aussi de comment les éléments de vie influent sur la personnalité

4321 / Paul Auster / Actes Sud / 28€

                                         

Maëva a choisi de parler de Le jour où mon père s’est tu de Virginie Linhart aux édtions Points Seuil. L’autrice est aussi documentariste,et a notamment réalisé un documentaire sur mai 68. C’est la fille de Robert Linhart, acteur de mai 68 fondateur du mouvement maoïste en France. Ce livre est une enquête sur le milieu militant à travers le prisme de la famille et notamment des enfants de ces derniers. Virginie Linhart parle donc de son enfance et essaye de comprendre pourquoi toutes ces familles voilent en éclats, comme la sienne. Elle tente de savoir comment on est enfant dans une famille politique. Que deviennent ces enfants ? Il existe peu de témoignage donc l’autrice est partie à la rencontre de ces personnes. Maëva dit que c’est un livre hyper intéressant d’un point de vue sociologique et politique.

Le jour où mon père s ‘est tu / Virginie Linhart / Points Seuil / 6.50€

 

                                                        

C’est donc moi qui aie clôturé la séance avec le recueil de poèmes de Joséphine Bacon, Uiesh paru aux éditions Mémoires d’encrier. Reçu la veille au soir, je l’ai ouvert et refermé uniquement à la fin de ma lecture. Relu au réveil le lendemain matin. Immense coup de cœur poétique. Un recueil de poèmes vivifiants et lumineux. L’âge de la sagesse, l’héritage de ses ancêtres innus, l’hiver, la nature, les cieux, le vent, sont autant de thématiques abordés avec une puissance implacable ! Nous avons lu chacun plusieurs textes et ce fût un merveilleux moment de partage.

« Je vis la grandeur du vent / Je sens sa beauté / Le vent me prend dans ses bras / Il souffle un air mélodieux / Que j’aimerais écrire. « 

Uiesh / Joséphine Bacon / Mémoire d’encrier / 12€

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Un monde en fragments

Un monde en fragments de Pierre Barré aux éditions de L’atteinte

Attention talents ! Les éditions de L’atteinte ont vu le jour en 2017, Un monde en fragments de Pierre Barré est leur première parution. 57 pages de prose hypnotique.  » Un homme , confronté à un mouvement de violence qui deviendra historique, abandonne le verbe. Tourmenté par une violence incertaine, il tente de recomposer sa vie, mais l’espace qui l’entoure ne cesse de fuir son regard…Taillé dans une langue sensorielle et habitée ce texte nous rappelle que la littérature ne se reçoit pas, mais se conquiert.  » Ce sont les mots que vous pouvez lire sur le rabat, comme une invitation à la lecture. En tout cas, ça m’a donné envie de l’ouvrir et de le lire, de le relire. Un homme dans un environnement qui lui échappe, entouré de fantômes, d’oiseaux et d’autres créatures qui le hantent, l’agressent et se dérobent. Il décide donc de s’enfermer dans le silence, malgré les injonctions des personnes en blouses et escarpins… Une lecture exigeante qu’on oublie pas.

Un monde en fragments/Pierre Barré/éditions de L’atteinte/ 11€

C’est aujourd’hui que je vous aime

C’est aujourd’hui que je vous aime de François Morel aux éditions du Sonneur dans la collection « ce que signifie la vie pour moi »

C’est le printemps ! François Morel le crie haut et fort : il aime ! A la fois comédien, chroniqueur et Deschiens, on ne présente plus François Morel. En lisant ce texte j’ai pris une grande bouffée d’air, une respiration qui fait du bien, un élan, un émoi ? Mais qui est donc cette Isabelle Samain que tous les hommes aiment ? François Morel nous parle d’amour, avec humour, effronterie, il bouscule nous fait rire. Une ode à la vie. Ce texte m’a transporté dans une autre époque, hors du temps, une douce musique aux oreilles. Lisez ce texte, respirez, aimez !

C’est aujourd’hui que je vous aime/éditions du Sonneur/11€

Le nez juif

Le nez juif de Sabyl Ghoussoub aux éditions de l »antilope 

Ce premier roman est vraiment une réussite et à plusieurs titres. En effet, ce roman aborde des sujets comme l’identité, mais là où il est remarquable c’est qu’il le fait sur un ton propre, avec humour. D’après moi, le ton est le point fort de ce premier roman. Léger il prend de plus en plus de corps au fil des pages. Aleph, notre héros, frivole au début, mûri en même temps que le style et le ton. Comment Aleph peut-il savoir qui il est, lui né en France de parents libanais, chrétiens, ayant fuit le Liban ? Comment son nez au centre de son visage, se retrouve au centre de ce roman ?  L’autodérision, les histoires d’amour, la famille, les rencontres qu’il va faire, les voyages… Quelle est la part autobiographique ? Seul Sabyl le sait !

Le nez juif/édtions de l’antilope/16€