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Parabole du failli (bis)

parabole_du_failli_babelParabole du failli de Lyonel Trouillot aux éditions Actes Sud en collection Babel.

Je viens vous annoncer la bonne nouvelle:

Le livre avec lequel ‘ai ouvert mon blog en juin dernier, vient de paraître en poche. Des lectures et cadeaux à venir à petits prix.

Un petit rappel ici du livre que j’emporterait sur une île déserte.

J’ai vraiment hâte de pouvoir échanger avec vous sur ce roman d’une intensité rare. N’hésitez pas à me laisser vos commentaires. Bonne lecture à tous!

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Kannjawou. Une lecture nécessaire.

kannjawouKannjawou de Lyonel Trouillot aux éditions Actes Sud.

Il est des auteurs que je suis de prêt, voir de très très prêt, et Lyonel Trouillot en fait partie vous le savez. Son dernier roman confirme mon attrait pour son oeuvre. Encore une fois je viens de passer un moment inoubliable de lecture intense, profondément poétique, intelligent et essentiel.  Je vous invite à vous laisser emporter au milieu du vent, au cœur du cyclone, comme le propose Joëlle l’une des héroïnes de ce Kannjawou. Aller au plus prêt du danger pour exister, se sentir vivant. Le narrateur, Joëlle, sa sœur Sophonie, Wodné, et Popol forme un groupe soudé depuis leur enfance. Arrivés à l’orée de l’âge adulte des questions sur l’avenir les taraudent tous. Quel avenir possible dans un pays qui subit des occupation successives ? La littérature et l’amour au centre des préoccupations de chacun. Optimisme et pessimisme en combat permanent.  Ils évoluent rue de l’Enterrement, dans un pays occupé par la communauté internationale. C’est au bar le  Kannjawou que les destins se mélangent, riches et pauvres, occupants et occupés. Mann Jeanne la vieille amie de tous symbolise la mémoire d’Haïti, des occupations et de la souffrance.

Vous l’aurez compris je pourrais vous parler des heures de ce court roman (208 pages). Il foisonne de sujets tels que la littérature, l’histoire, l’amitié, l’amour, et du Kannjawou (fête traditionnel haïtienne)… et le tout emprunt d’une poésie comme sait magnifiquement le faire Lyonel Trouilot.

Conseil de lecture pour cet été n°3

71fm4ChmRFLDanser les ombres, Laurent Gaudé

Je connaissais Laurent Gaudé pour ses pièces de théâtre,  ses romans , son prix Goncourt (Le soleil des Scorta, Actes Sud, 2004), son goût pour le voyage : « Le voyage est une nécessité. Je ne vois pas de meilleure façon d’apprendre, de vieillir, de laisser en soi s’accumuler la vie. J’ai besoin de cela : croiser des visages, être le témoin d’autres vies, contempler le monde et aller voir là-bas , plus loin, comment vivent les hommes, et comment on aurait vécu soi-même, ici ou là.». En revanche j’ignorais son intérêt pour Haïti. Au-delà de l’intérêt je crois qu’on peut parler d’un lien beaucoup plus fort: l’amitié. En témoigne la dédicace de ce fabuleux roman à Lyonel Trouillot: «  pour Lyonel Trouillot qui porte son pays dans les yeux et son peuple dans son cœur » .

 Laurent Gaudé un auteur créole

Autant la forme que le fond m’ont passionné dans ce roman.   L’histoire de ces destins entrelacés, emmêlés, le désir et la rage de vivre, les doutes, la misère, les villes et les villages, la chaleur, les contrastes, la montagne et la mer, les riches et les pauvres, l’histoire et la politique, la violence et la haine, l’amour et la joie, les loas et le vaudou, les américains et les français, mais surtout les haïtiens, pluriels et métissés. Tout y est, jusqu’à  la poésie qui berce certains personnages, comme celui de Saul. Jeune «  bâtard » né d’un riche propriétaire et d’une servante, qui cherche inlassablement qui il est. Lucine qui a sacrifié cinq années pour élever avec sa sœur Thérèse les enfants de Nine, sœur emportée par la folie et les esprits. Et qui  sait qu’elle vivra sa propre vie, et le décide, car oui ça se décide :

« Dans une société de la survie permanente et de l’exploitation éhontée, la recherche du bonheur est un acte politique. »

Le destin de Saul et de Lucine vont croiser bien d’autres vies. Des écorchés vifs, tous ont un commun la force de vivre malgré tout. Ils ont traversé les dictatures, la torture, et le 12 février 2010 un nouvel événement va les réunir.

Laurent Gaudé m’a une fois de plus transportée, émue aux larmes, étonnée, surprise, et j’en redemande. Je vous invite vraiment à lire ce roman qui sort du lot.

L’écriture transcende le lecteur. Aucun apitoiement, aucun bon-sentiment, aucune mièvrerie. La vie, simplement, la rage de vivre.