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RENCONTRE

Samedi dernier je suis allée à la rencontre organisée par le Palais de la Porte Dorée :

écritures

Carte blanche à Mohamed Mbougar Sarr /Samedi 19 octobre 2019 à 16h30 au Palais de la porte dorée

Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée 2018 et résident au Musée, invite Aurélie Champagne et Yancouba Diémé.

Sur quarante titres en lien avec la thématique de l’immigration parus pour la rentrée littéraire, douze sont des premiers romans.Qu’ont à nous dire ces primo-romanciers de l’exil et de la mémoire parfois douloureuse de ces trajets individuels et familiaux ?Avec Aurélie Champagne, auteure de Zébu Boy (Monsieur Toussaint Louverture, 2019) et Yancouba Diémé, auteur de Boy Diola (Flammarion, 2019).

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La rencontre a commencé par une introduction du lauréat du Prix littéraire de la
Porte Dorée Mohamed Mbougar Sarr qui a fait un bref résumé des deux romands, puis il a demandé aux auteurs de faire une lecture d’un extrait de leur roman respectifs. La première question de Mohamed Mbougar Sarr : « Comment on affronter la question du silence ? «  Les deux auteurs on répondu par rapport à leur roman et à leur vécu. En effet l’écriture du roman d’Aurélie Champagne s’est faite sur la base du silence de son père elle en découvert le silence de l‘Histoire (les événements de mai 47 à Madagascar). Le silence dont Yancouba Diémé nous fait part c’est celui de l’histoire de son père. En effet l’auteur apprend à l’âge de 20 ans que son père est arrivé en bateau en France

depuis Dakar. La question du silence est largement évoquée et nourrit ces deux romans.

La deuxième partie de la rencontre c’est tournée autour de la question de la quête et de l’enquête. Aurélie Champagne raconte comment après avoir épuisé la documentation écrite autour du sujet de mai 47 à du se rendre sur place et en faisant des recherches sur son pères à mené une enquête sur un passage de notre histoire quasiment inconnu en métropole. elle dit aussi que le fil rouge de son roman s’enroule autour des mécaniques de survies et qu’advient-il de nous après la mort des autres. Yancouba Diémé lui, nous parle comment l’enquête sur son père c’est passée. Il l’a d’abord laissé parlé puis quand les réponses ont manqué il est partie sur le terrain lui aussi pour en apprendre plus sur l’histoire de son père, de sa famille, de ses ancêtres. La question de la mémoire coloniale a été abordée pour les deux romans.

Je vous invite vraiment, si vous en avez l’occasion à découvrir ses deux primo-romanciers et leur oeuvre. C’était une rencontre très intéressante, instructive et inspirante. Deux auteurs en quête de sens qui avaient vraiment envie de partager leurs expériences et l’aventure de l’écriture avec nous. Prochaine rencontre organisée par le Palais de la Porte Dorée en carte blanche à Mohamed Mbougar Sarr le 16/11/19 et le 14/12/19.

Yancouba Diémé sur Boy Diaola :

Aurélie Champagne sur Zébu Boy :

 

SOIRÉE LECTURE #5

Le choix du titre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter le mot temps.

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Sandrine a ouvert la soirée avec le roman de Martin Suter Le temps, le temps aux éditions Points. Choisi car elle ne connaissait pas l’auteur et voulait le découvrir. Grand auteur Suisse allemand Martin Suter a aussi écrit Small World, Un ami parfait ou encore Lila Lila. Non seulement il y a bien le mot temps dans le titre mais en plus l’intrigue du roman est basé sur une théorie selon laquelle le temps n’existe pas. « Jamais je n’aurais pensé lire un livre entre science fiction et policier aussi troublant. »La lecture a demandé de l’énergie et de la pugnacité à Sandrine. Ce qui l’a le plus « agacé » c’est qu’il faut attendre la dernière page du livre pour savoir si cette théorie fonctionne. Tout le roman est basé sur l’élaboration de cette théorie. Deux voisins, veufs tous les deux, vont essayer de mettre tout en oeuvre pour reproduire la journée du 11 octobre 1991, date à laquelle la femme de Knupp (le plus âgé des des deux hommes, est morte). Quasiment tout le roman déroule phase après phase comment ils vont reproduire cette journée dans les moindre détails, du décor de la maison, au paysage, en passant par le jardin des voisins ou encore les voitures garées ce jour là sur le parking. Toute l’ingéniosité et la persévérance qu’il leur faut montrer pour ce projet sont décrites avec minutie. Ce que Sandrine a le plus aimé c’est l’écriture fluide et détaillée ainsi que l’idée originale du roman.

Mika a enchaîné la soirée en nous présentant Le fracas du temps de Julian Barnes paru chez Folio.Sous ce titre magnifiquement bruyant se cache en réalité une biographie de Dimitri Chostakovitch le célèbre compositeur Russe du XX siècle. C’est un livre sur le tiraillement entre son génie artistique et le poids de la pression politique. On y parle de création. Le roman commence sur une image très forte où l’on voit le personnage principale attendre sur son pallier. Il attend de se faire arrêter par la police de Staline. Dès le début on sent une tension dramatique. C’est suite a une représentation de Lady Mcbeth devant Staline et certains hauts fonctionnaires qu’il attend de se faire arrêter. En effet les critiques fusent depuis ce jour. Ce compositeur joué sur la scène internationale et jamais en Russie est un paradoxe. Ce que Mika a trouvé intéressant c’est cette confrontation entre création et pression politique. Maëva nous rappelle que dans Opéra de Paris, toute une histoire paru chez Larousse, il est fait mention de ce paradoxe et de cette histoire de Chostakovitch.

Maëva a suivi avec Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu aux éditions J’ai lu. Pour ceux qui le saurait pas encore Mathias Malzieu est aussi le chanteur du groupe Dyonisos. Le livre commence par le décès de la mère du personnage principale Mathias. Maëva trouve que l’auteur dit très bien la douleur, la perte et avec une grande justesse tous les moments d’après le deuil dont ton ne parle jamais comme le retour à la maison, le quotidien d’après l’enterrement. L’histoire se passe sur une année. Le héro va faire la rencontre d’un géant qui va l’aider à faire son deuil. C’est plein de poésie, d’images et de métaphores. Il y a des références aux univers de Lewis Caroll et de Tim Burton. « J’ai beaucoup apprécié les métaphores du vide mais il y en a trop. »

Pierre-Élie a conclu la soirée en nous présentant La griffe du temps de Judith Lyon-Caen publié à la Nrf Gallimard. C’est un essai qui raconte ce que l’histoire peut dire de la littérature. Pierre-Élie adore cette autrice, et ce de plus en plus. Elle essaye de voir ce qu’il y a d’histoire dans le roman en se basant sur la nouvelle de Barbey d’Aurevilly La vengeance d’une femme. Le mot griffe dans le titre fait référence à un passage où dans la chambre il y a un animal exotique pourvu de griffe. À travers cette image de la colonie et de l’agressivité animale l’autrice nous dit que l’auteur nous parle ainsi de la vengeance de cette femme. Une autre anecdote est qu’un homme en passant devant une galerie d’art voit une oeuvre qui le fait penser à un rêve obscène, l’autrice nous interroge : qu’est-ce qu’un rêve obscène en 1840 ?

Ont été évoqués :

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LE CAPUCHON DU MOINE

Le capuchon du moine d’Ellis Peters aux éditions 10/18

Mon avis : Je lis peu de polar mais quand j’en lis j’aime bien le genre polar-historique. Apprendre étant mon leitmotiv j’en ai toujours pour mon compte ! Il y avait bien longtemps que je n’avais pas été aussi malmenée par une intrigue. À chaque fois que Cadfael, ce moine herboriste qui m’a beaucoup fait pensé à un certain Guillaume de Baskerville, arrive à ajouter une corde à son arc pour innocenter le coupable, parce-qu’il est bien ici sujet d’innocenter, ça change ; à chaque donc, un nouvel élément apparaît et l’entraîne vers une autre piste jusqu’à chevaucher sa mule pour traverser le comté.

Note de l’éditeur : Alors qu’il vient de léguer ses terre à l’abbaye de Shrewsbury, Maître Bonel meurt, empoisonné en plein repas. L’arme du crime ? Le capuchon du moine, un poison mortel. Sa provenance ? La pharmacie de frère Cadfael. Le meurtrier ? Les héritiers sont les principaux suspects et leurs mobiles, nombreux. Il n’en faut pas plus à Cadfael pour prendre l’enquête en main.
Dans cette nouvelle enquête haletante, Cadfael se dévoile et livre certains aspects étonnants de sa jeunesse.

Biographie de l’auteur : Ellis Peters, de son vrai nom Edith Pargeter, est née en 1913, dans le comté du Shropshire, à la lisière du pays de Galles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entre auWomen’s Royal Navy Service, et ses activités au département des communications lui valent la British Empire Medal, qu’elle reçoit des mains du roi George VI. À cette époque, elle fait son apprentissage de romancière et étudie la langue et la littérature tchèques dont elle traduira plusieurs œuvres majeures en anglais. Après la guerre, elle devient écrivain à part entière avec des romans historiques qui rencontrent un grand succès auprès de la critique et du public. En 1959, elle publie son premier roman policier, mettant en scène l’inspecteur George Felse. Douze titres suivront, qu’elle signe alors sous son pseudonyme. En 1977, elle publie Trafic de reliques, première chronique de la série médiévale  » Frère Cadfael « , qui compte aujourd’hui vingt et un volumes. Décédée en octobre 1995, Ellis Peters a été élevée au rang de OBE (officier de l’ordre de l’Empire britannique), pour services éminents rendus à la littérature.

Le capuchon du moine/Ellis Peters/10/18/Epub 8.99€

Conseil de lecture pour cet été n°1

10230_804066 Saisissant, surprenant et inoubliable!

Premier conseil de lecture pour vos vacances c’est un roman d’Andrew Sean Greer paru aux éditions Points.

San Francisco au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, un couple, ses habitudes, son intimité, ses secrets…Ils s’aiment, ils ont un enfant, Madame a droit à un baiser le matin avant le départ de Monsieur au travail, un autre le soir à son retour, ils vivent de façon très routinière. Il a une maladie du  cœur, alors elle le ménage, elle va même jusqu’à couper les articles pouvant le heurter dans le journal.

Jusqu’au jour où un homme frappe à sa porte et lui dit:  « Bonjour Madame je suis l’amant de votre mari! »

L’ordre et la routine vont être bousculés et le doute va s’installer. Des choix devront être pris? Des stratégies mises en place de chaque côté pour garder à soi l’homme aimé.

Il est évident que c’est la plus belle des histoires d’amour que je n’ai jamais lu. Intelligent et sensible, il aborde des sujets rares. La finesse de l’écriture et de la construction du roman savent garder le suspense.  Merci Andrew Sean Greer. Bouleversant !