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DE PIERRE ET D’OS

De pierre de d’os de Bérengère Cournut paru aux éditions Le Tripode.

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une lecture que j’ai faite la semaine dernière et qui m’a bouleversée. En effet, je pense que c’est un texte qui va marquer profondément mon parcours de lectrice, un texte qui va rester, dont j’entends encore l’écho. Laissez-vous portez par les chants inuits portés par le vent de la banquise et l’imaginaire de l’autrice. Bérengère Cournut nous happe dans un univers qui est pour beaucoup d’entre nous inconnu, lointain, inaccessible et désertique : la terre des inuits. De sa banquise, aux hommes qui l’habite en pensant par ses esprits, l’autrice nous fait toucher du doigt tout un monde. L’héroïne, Uqsuralik, se retrouve éloignée de ses parents à cause d’une fracture dans la banquise. C’est le point de départ d’une aventure, d’une nouvelle vie, survie devrais-je plutôt dire. Elle va devoir affronter la nature souvent hostile, la faim, le froid, les hommes et les esprits. Il y a certes des passages très durs sur  ce qu’endure cette jeune fille qui deviendra femme, mais il y a des passages lumineux comme des éclairs en pleine nuit. Une fois de plus Le Tripode a emballé ce magnifique texte dans un véritable écrin digne d’un grand joaillier. Le texte est minutieusement présenté à la hauteur de l’écriture de Bérengère Cournut et à la fin vous retrouver un cahier photos noire et blanc de la banquise et de ses habitants. Excellent texte pour découvrir cette maison d’édition. Excellent roman à offrir sans modération. Il a obtenu le prix du Roman Fnac, mérité à mon sens.

Note de l’éditeur :  « Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman). Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur. Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.

Biographie de l’autrice : Bérengère Cournut est correctrice dans la presse et l’édition et écrivaine. Un temps secrétaire du traducteur Pierre Leyris, dont elle accompagne les œuvres posthumes chez l’éditeur José Corti (Pour mémoire, 2002 ; La Chambre du traducteur, 2007), elle publie son premier roman, « L’Écorcobaliseur », en 2008. Elle a publié trois livres aux éditions Attila et deux plaquettes de poésie à L’Oie de Cravan, où elle déploie un univers littéraire onirique empreint de fantaisie langagière. Elle est également auteure de « Palabres » (Attila, 2011), publié sous le pseudonyme Urbano Moacir Espedite en collaboration avec Nicolas Tainturier (ils apparaissent en page de couverture comme « traducteurs du portugnol »). Enfin, elle publie en 2016 un roman intitulé « Née contente à Oraibi » (Éditions Le Tripode) inspiré d’un voyage qu’elle a fait sur les plateaux de l’Arizona, à la rencontre de la tribu amérindienne des Hopis.

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SOIRÉE LECTURE #4

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Le choix du livre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter un nom de ville.

Maëva a ouvert la soirée en présentant Terminus Berlin d’Edgar Hilsenrath aux éditions du Tripode. Maëva adore cet auteur qui écrit principalement sur la Shoah sur un ton absurde et déjanté. Maëva recommande particulièrement Le nazi et le barbier paru aux éditions du Tripode ou en poche chez Points, un livre qu’elle a offert des tas de fois. Terminus Berlin est toujours aussi déjanté, burlesque et farfelu mais beaucoup plus sérieux que Le nazi et le barbier. C’est l’histoire d’un écrivain juif paumé, rejeté, qui décide de retourner en Allemagne juste avant la chute du mur de Berlin, alors qu’il l’avait quitté une trentaine d’année auparavant . Description de la ville de Berlin et des allemands. L’écrivain parle aussi de la culpabilité allemande. Il y a une scène sur le mémorial de la Shoah où il n’y a rien, sur presque 10 pages. Maëva dit que ce passage est magistral. Ensuite Edgar Hilsenrath parle de Berlin post chute du mur, pour son personnage c’est le moment de devenir un écrivain à succès. Pour Maëva ce roman est une belle réflexion sur la reconstruction, la culpabilité. L’écriture est originale, c’est écrivain est passionnant. Edgar Hilsenrath est décédé juste après avoir publié ce titre, en début d’année.

Olivier a enchaîné en nous parlant de Cherbourg de Charles Daubas, premier roman qui vient de paraître aux éditions Gallimard. Pour choisir son roman Olivier a fait confiance a une critique des Inrocks. C’est un thriller, comme les dernières lectures d’Olivier : Série noire de Bertrand Scheffer ou Pas de dupe de Ravey paru chez Minuit. Rade de Cherbourg, été 2012. Une étrange explosion emporte une partie de la digue. Elle pourrait être liée à la démolition du quartier des Provinces, peu de temps auparavant. Les chantiers de l’Arsenal, où l’on démantèle un sous-marin nucléaire, sont également mis en cause et l’affaire est vite classée «secret défense». Jusqu’à ce qu’un adolescent prétende qu’un de ses camarades a disparu dans l’explosion. Olivier pense que l’idée du port et la notion de frontières sont très important dans le livre. Il nous a lu des passages de descriptions, point fort de l’auteur, avec des images fortes.

Sandrine a présenté La bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak paru en poche chez 10/18. Lecture du début du  premier chapitre « Cannelle » (tous les chapitres ont un nom d’épice ou de fruit), qui situe la ville d’Istanbul sous la pluie et met l’accent sur le style de l’autrice. C’est un livre foisonnant, vivant et passionnant. Une histoire de femmes Turques et Arméniennes à travers l’histoire. Ce roman met évoque le poids du passé, il questionne aussi : est-ce que l’on doit porter aujourd’hui le erreurs de nos ancêtres ? L’autrice met en avant une Istanbul d’aujourd’hui vivante, avec une jeunesse qui se questionne sur son avenir. Une ville prise entre tradition et modernité, où l’on enseigne l’histoire « nationale » en omettant des passages sombres comme le génocide arménien, qui du coup après quelques génération n’est absolument pas connu des turcs. C’est un roman passionnant et envoûtant, un roman à tiroirs, chorale, avec de très beaux portraits de femmes, sensibles et fortes, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines, oui il est aussi question de voyage dans ce roman. Sandrine comprend pourquoi ce roman sortie il y a déjà plusieurs années a eu autant de succès, ça lui a même donné envie de lire un autre roman de cette autrice : Soufi mon amour, qu’elle a encore plus aimé …

Mika a clôturé la soirée en parlant de Kiruna de Maylis de Kerangal paru aux éditions La contre allée (Délaissant les grands axes, j’ai pris la contre-allée. Alain Bashung). Elle a choisi ce titre car a déjà beaucoup lu de roman de cette autrice et a toujours beaucoup aimé son style et la façon dont elle s’investit pour écrire ses romans, les recherches qu’elle mène pour être au plus près de son sujet. Cette ouvrage est le résultat d’une résidence d’écrivain qui s’appelle Mineurs d’un autre monde. Mika a été surprise de la forme, elle pensait lire un roman et c’est en fait un reportage littéraire. Kiruna se situe en Laponie, c’est une ville mais aussi la plis grande mine de fer au monde. La mine s’étend tellement que la ville risque de s’effondrer et qu’il faut trouver un moyen de déménager ses habitants. Kiruna revêt un aspect organique, on y plonge comme dans un corps. Mika a eu le sentiment de lire un un essai préparatoire a un roman avec beaucoup de potentialité romanesque surtout dans la première partie.

Vie? ou Théâtre?

 

9782370550682 (1)Vie? ou Théâtre? de Charlotte Salomon aux éditions Tripode.

A la fois catalogue exhaustif de l’exposition et de son oeuvre, roman graphique,  beaux livre d’art. Une pépite incontournable en cette fin d’année paru aux éditions Tripode. L’oeuvre de cette fameuse Charlotte Salomon mise en fiction par Foenkinos l’année dernière aux éditions Gallimard.

Un travail éditorial remarquable. Un beau qui se lit comme un roman graphique, don t l’héroïne fuit l’Allemagne nazie juste avant la guerre. Réfugiée dans un pays dont elle ne parle pas la langue elle va peindre. Simplement 3 couleur primaires lui serviront. « La présente édition est la première au monde à donner Vie ou théâtre? dans son intégralité, en reproduisant notamment les calques et la transcription d’une lettre finale capitale »

INCONTOURNABLE!

 

 

 

 

Courir après les ombres

courir apres les ombresCourir après les ombres de Sigolène Vinson éditions Plon

C’est l’histoire de Paul Deville qui en a marre du système capitaliste et qui décide de tout plaquer pour faire sa révolution en travaillant pour les chinois afin de faire couler l’occident. C’est aussi l’histoire de sa quête, comme une lueur d’espoir, il cherche les poèmes jamais écrit de Rimbaud. S’il les trouve alors le poète qu’était Rimbaud aura pris le dessus sur sa condition de marchand d’armes…

C’est l’histoire d’une quête d’absolu, d’économie mondiale, d’amour, et de poésie. Je trouve que c’est un roman extrêmement réussi que nous propose l’auteure  du Caillou (éditions Tripode). Cette fois elle nous emmène dans la corne de l’Afrique, en Chine, à Marseille, sur des bateaux (ivres?), … Les personnages secondaires sont tous aussi complexe que Paul. Ils sont tous d’une manière ou d’une autre en quête d’une vérité.

Un roman d’une grande sensibilité. Et quelle belle question au fond: la poésie peut-elle sauver l’homme de sa condition ?