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SOIRÉE LECTURE #4

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Le choix du livre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter un nom de ville.

Maëva a ouvert la soirée en présentant Terminus Berlin d’Edgar Hilsenrath aux éditions du Tripode. Maëva adore cet auteur qui écrit principalement sur la Shoah sur un ton absurde et déjanté. Maëva recommande particulièrement Le nazi et le barbier paru aux éditions du Tripode ou en poche chez Points, un livre qu’elle a offert des tas de fois. Terminus Berlin est toujours aussi déjanté, burlesque et farfelu mais beaucoup plus sérieux que Le nazi et le barbier. C’est l’histoire d’un écrivain juif paumé, rejeté, qui décide de retourner en Allemagne juste avant la chute du mur de Berlin, alors qu’il l’avait quitté une trentaine d’année auparavant . Description de la ville de Berlin et des allemands. L’écrivain parle aussi de la culpabilité allemande. Il y a une scène sur le mémorial de la Shoah où il n’y a rien, sur presque 10 pages. Maëva dit que ce passage est magistral. Ensuite Edgar Hilsenrath parle de Berlin post chute du mur, pour son personnage c’est le moment de devenir un écrivain à succès. Pour Maëva ce roman est une belle réflexion sur la reconstruction, la culpabilité. L’écriture est originale, c’est écrivain est passionnant. Edgar Hilsenrath est décédé juste après avoir publié ce titre, en début d’année.

Olivier a enchaîné en nous parlant de Cherbourg de Charles Daubas, premier roman qui vient de paraître aux éditions Gallimard. Pour choisir son roman Olivier a fait confiance a une critique des Inrocks. C’est un thriller, comme les dernières lectures d’Olivier : Série noire de Bertrand Scheffer ou Pas de dupe de Ravey paru chez Minuit. Rade de Cherbourg, été 2012. Une étrange explosion emporte une partie de la digue. Elle pourrait être liée à la démolition du quartier des Provinces, peu de temps auparavant. Les chantiers de l’Arsenal, où l’on démantèle un sous-marin nucléaire, sont également mis en cause et l’affaire est vite classée «secret défense». Jusqu’à ce qu’un adolescent prétende qu’un de ses camarades a disparu dans l’explosion. Olivier pense que l’idée du port et la notion de frontières sont très important dans le livre. Il nous a lu des passages de descriptions, point fort de l’auteur, avec des images fortes.

Sandrine a présenté La bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak paru en poche chez 10/18. Lecture du début du  premier chapitre « Cannelle » (tous les chapitres ont un nom d’épice ou de fruit), qui situe la ville d’Istanbul sous la pluie et met l’accent sur le style de l’autrice. C’est un livre foisonnant, vivant et passionnant. Une histoire de femmes Turques et Arméniennes à travers l’histoire. Ce roman met évoque le poids du passé, il questionne aussi : est-ce que l’on doit porter aujourd’hui le erreurs de nos ancêtres ? L’autrice met en avant une Istanbul d’aujourd’hui vivante, avec une jeunesse qui se questionne sur son avenir. Une ville prise entre tradition et modernité, où l’on enseigne l’histoire « nationale » en omettant des passages sombres comme le génocide arménien, qui du coup après quelques génération n’est absolument pas connu des turcs. C’est un roman passionnant et envoûtant, un roman à tiroirs, chorale, avec de très beaux portraits de femmes, sensibles et fortes, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines, oui il est aussi question de voyage dans ce roman. Sandrine comprend pourquoi ce roman sortie il y a déjà plusieurs années a eu autant de succès, ça lui a même donné envie de lire un autre roman de cette autrice : Soufi mon amour, qu’elle a encore plus aimé …

Mika a clôturé la soirée en parlant de Kiruna de Maylis de Kerangal paru aux éditions La contre allée (Délaissant les grands axes, j’ai pris la contre-allée. Alain Bashung). Elle a choisi ce titre car a déjà beaucoup lu de roman de cette autrice et a toujours beaucoup aimé son style et la façon dont elle s’investit pour écrire ses romans, les recherches qu’elle mène pour être au plus près de son sujet. Cette ouvrage est le résultat d’une résidence d’écrivain qui s’appelle Mineurs d’un autre monde. Mika a été surprise de la forme, elle pensait lire un roman et c’est en fait un reportage littéraire. Kiruna se situe en Laponie, c’est une ville mais aussi la plis grande mine de fer au monde. La mine s’étend tellement que la ville risque de s’effondrer et qu’il faut trouver un moyen de déménager ses habitants. Kiruna revêt un aspect organique, on y plonge comme dans un corps. Mika a eu le sentiment de lire un un essai préparatoire a un roman avec beaucoup de potentialité romanesque surtout dans la première partie.

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SOIRÉE LECTURE #3

« Il paraît qu’un jour on se réveille affamés de ne pas avoir été ce que l’on souhaite. »

Le choix du livre présentait une contrainte : que le titre contienne un prénom de femme !
Sandrine a ouvert la soirée en évoquant Mary Poppins, la maison d’à côté de Pamela L Travers, aux éditions Castor Astral.
Les textes sont inédits, c’est la première fois qu’ils sont traduits en français.
C’est tout d’abord un magnifique objet – « ce n’est pas qu’un livre », dira Sandrine – , à la mise en page très soignée, tout de doré et bleu, très joliment illustré. Sandrine trouve que c’est un régal à lire grâce aux mille et uns détails de mise en page qui rendent la lecture savoureuse.
« Je n’ai jamais écrit pour les enfants » ouvre ce livre qui contient plusieurs textes : une préface du traducteur qui explique comment Pamela Travers a écrit Mary Poppins, puis « la Maison d’à côté » et l’histoire de Mary Poppins, celle que nous connaissons par le dessin animé de Walt Disney et du récent film de Rob Marschall avec Emily Blunt. Sandrine a lu « la Maison d’à côté » : il y est question d’une maison vide, le numéro 18 de l’avenue des Cerisiers, à propos de laquelle tout les habitants de la rue imaginent ce qu’ils veulent, y voient chacun quelque chose de différent… Il y a les mêmes personnages que dans Mary Poppins, dont les petits Michael et Jane. Un jour, une vieille et méchante femme, Mademoiselle Andrews (l’ancienne nounou des parents de Michael et Jane), s’installe au numéro 18 avec un petit garçon qui s’occupe d’elle absolument tout le temps, Luti. Ce petit garçon est dit venir des îles des Mers du Sud et a dû quitter ses parents. Un jour, pendant que Mademoiselle Andrews fait la sieste, il rencontre Michael et Jane, qui sympathisent avec lui, puis plus tard, Mary Poppins. Grâce à elle, à un oncle qui vit dans la Lune,…il retrouvera les îles des Mers du Sud et ses parents… pendant que la méchante Mademoiselle Andrews sera condamnée à lire des BD pour enfants !
Un joli conte pour Sandrine, et un si beau livre !
Maëva a évoqué l’Héritage d’Esther de Sandor Marai, au Livre de poche éditions. Une femme, Esther, dans la fleur de l’âge, apprend qu’un ancien amant, qu’elle a passionnément aimé, revient lui rendre visite. Elle vit depuis des années avec Nounou, qui s’occupe d’elle depuis toujours et qui a vu la blessure qu’a laissé cet homme chez Esther. Depuis cette annonce et jusqu’à la venue de Lajos, une véritable tension dramatique s’installe : qu’a-t-il fait pour laisser de telles marques ? On apprend qu’il a volé la jeune femme… Pourquoi ? dans quelles circonstances ? Depuis, Esther vit dans l’attente, comme si elle vivait sans vivre vraiment. Mais quel pouvoir certaines personnes peuvent-ils avoir sur nous ?
Lajos revient, pour « réparer », mais répare-t-on vraiment le mal que les gens qu’on a aimés font ?
Esther est un personnage attachant, fragile, qui intrigue tout au long du livre.
Un texte agréable, et très bien traduit, au rythme et à la précision tendue.
Maëva évoque également Vigile de Hyam Zaytoun aux éditions Le Tropde : un livre formidable, qui ébranle et bouleverse, si court et si bien écrit.
Mika évoque Antonia de Gabriella Zalapi – journal 1965-1966, paru aux éditions ZOE. Il s’agit du premier livre d’une artiste plasticienne. Ayant des origines anglaise, italienne et suisse, Gabriella Zalapì s’est inspirée de sa propre généalogie pour composer ce premier roman parsemé de (fausses) photographies de famille. En Sicile, entre 1965 et 1966, Antonia est l’épouse d’un notable depuis ses vingt ans et exprime dans son journal tout le malaise que lui inspire la bonne société qu’elle côtoie. Elle est une « perfect housewife », a un fils qu’elle a du mal à aimer, et est étouffée par tous les compromis qu’elle est contrainte de faire tous les jours. A la mort de sa grand-mère, elle reçoit des photographies, lettres et carnets qui l’incitent à explorer le passé de sa famille marqué par l’exil et a commencé son émancipation. Au fil des textes qui « se lisent comme des poèmes » selon Mika, Antonia se constitue en tant que personne, l’écriture servant avant tout la connaissance de soi.
Mika a aimé la simplicité de l’écriture qui n’empêche pas une justesse et une violence des images : Antonia parle de ses « journées-lignes » pour évoquer ces journées monotones où il ne se passe rien ou écrit : « Il paraît qu’un jour on se réveille affamés de ne pas avoir été ce que l’on souhaite. »

NOËL, NOËL, TU VAS VENIR BIENTÔT … Partie 2

Suite des idées cadeaux pour un Noël en poche :

L’île du point Némo / Jean-Marie Blas de Roblès / Points / 8€

 

Pour les amoureux d’aventures en aventures. Impossible à lâcher !

 

Allah n’est pas obligé / Amadou Kourouma / Points / 7€

L’histoire d’un enfant soldat raconté par lui-même. Pour ceux qui veulent s’immerger dans l’histoire de l’Afrique !

 

Uiesh / Joséphine Bacon / Mémoire d’Encrier / 12€

Parce que la vie et vieillir c’est de la poésie et que Joséphine Bacon le décrit à merveille ! Pour tous les amoureux de poésie et de la vie !

 

SOIRÉE LECTURE #2

Le 1er décembre dernier a eu lieu la seconde soirée lecture entre amoureux des livres et de la lecture. Nous étions quatre Maëva, Arnaud, Pierre-Élie et moi. Nous avons passé un moment délicieux entre houmous, salade vegan, cookies maison chocolat blanc et noir et du Chinon, parce que oui nous sommes des amoureux des bonnes choses. J’en viens directement au fait, c’est moi qui est entamé la soirée.

Les récits d’un pèlerin russe aux éditions Albin Michel dans la collection Spiritualités Vivantes. Depuis le mois de juillet je suis de retour en librairie au rayon Sciences Humaines et je me suis mis un but : lire un livre de chaque famille du rayon. J’ai donc lu ce récit qui me tourne autour depuis plusieurs années. En effet des amis, des clients m’en parlait comme d’un classique de la littérature russe. J’ai été subjuguée par la facilité d’accès de ce texte. Classé en religion dans la partie Orthodoxie, je m’attendais à un texte laborieux. Il n’en n’est rien. LA traduction doit être merveilleuse car la fluidité du récit est surprenante. Divisé en quatre partie, ce texte peut se lire comme un roman initiatique, comme une quête (le pèlerin est à la recherche de la prière du cœur), mais aussi comme une photographie de la Russie de la fin du XIXe siècle. Coup de cœur donc pour moi

Ensuite Maëva a pris la parole pour nous parler de Dans l’eau je suis chez moi de Aliona Gloukhova publié aux éditions Verticales. Maëva l’a lu sur conseil. Ça se passe en Biélorussie et c’est l’histoire d’une jeune fille de 8 ans dont le père disparaît en mer. C’est un livre qui dit comment on ne se remet pas d’une disparition. Dans ce roman l’auteure étudie le mot disparu, la disparition qui est l’état de son père. Elle mène l’enquète sur ce qui c’est passé. Maëva dit que c’est un roman sur l’oubli, que c’est un beau livre de reflexion sur le deuil, que le rapport est présent tout du long (Maëva nous lit un passage sur la natation qui l’a beaucoup touché). Belle écriture sans un mot de trop.

C’est au tour d’Arnaud de nous parler de l’Éloge de l’énergie vagabonde de Sylvain Tesson paru aux éditions Pocket. Arnaud a acheté ce livre suite à la lecture d’un article dans un magazine. Sylvain Tesson y retrace son périple à vélo entre la mer d’Aral, en passant par la mer Caspienne jusqu’en Turquie en contournant la Russie. Il suit l’oléoduc de Bakou à la Turquie. Arnaud nous dit qu’il a bien aimé le côté géopolitique des pays traversé, qu’il sent à travers ce récit que l’auteur rejette la société de consommation et il critique la position des femmes dans les pays musulmans traversés. Arnaud a aussi ressenti que l’auteur se sent mieux seul même s’il aime les gens qu’il rencontre. La conclusion n’est pas très optimiste et Sylvain Tesson dit que tant qu’on aura du pétrole on ne s’en sortira pas.

C’est Pierre-Élie qui a conclu la soirée en parlant de Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu paru aux éditions Actes Sud et Prix Goncourt 2018. Acheté à la librairie L’attrape cœur sur conseil de la libraire. Pierre-Élie nous dit d’abord que c’est un Goncourt normal, dans la moyenne basse même. il se base sur trois critères. Le premier c’est le langage des pauvres , le langage des jeunes ( langages encensé par la critique mais en fait très mécanique dans son utilisation de construction de phrases). Style neutre conclu Pierre-Élie. Ensuite le second critère c’est que c’est un livre de journaliste, une enquête sociologique, plate. Enfin le troisième critère c’est que c’est un roman fait pour être adapté en série comme l’un des précédents texte de Nicolas Mathieu Aux animaux la guerre. Pierre-Élie est perplexe, il attend d’un Goncourt une théorie de la vie et de l’univers mais là ça ne fonctionne pas. En revanche il conclu en nous disant que ce roman hors Goncourt est un excellent roman au style réfléchit, avec une symétrie de l’histoire très intéressante.

 

Lors de cette soirée nous avons évoqué : La collapsologie , les thèmes des prochaines soirée (teasing ! ), les coffrets de Noël (horreur malheur ou bonheur ? ), les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau chez Pocket et le seul, l’unique, le grand, l’inédit qu’on retrouvera sous beaucoup de sapins de Noël cette année :

Un grand merci aux éditions du Castor Astral pour cet inédit incroyable. On en apprend beaucoup sur Pamela L. Travers, la créatrice de Mary Poppins, qui ne jamais avoir écrit pour les enfants 😉 Un bijou !

 

NOËL, NOËL, TU VAS VENIR BIENTÔT … Partie 1

NOËL, NOËL, TU VAS VENIR BIENTÔT …Première partie

Je me suis dit que si vous manquiez d’idées pour vos cadeaux de Noël je pourrais peut-être vous donner un coup de pouce. Depuis 2001, date à laquelle je suis rentrée en librairie je ne lis plus je dévore ! Alors voici une liste non exhaustive de livres que vous pouvez offrir :

Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah Bulle aux éditions Liana Levi /19€

 

 

Pour les amoureux de l’histoire de la Guadeloupe, pour les amoureux de saga familiale, premier roman prodigieux !

 

 

 

Filles du djihad de Tabish Khair aux éditions Le sonneur /19€


 

Pour ceux qui veulent comprendre comment fonctionne la manipulation. Pour les amoureux d’histoire d’amitié. Pour tous ceux qui veulent comprendre l’actualité. Un roman à faire lire à tous ! Je vous en avais déjà parlé ici.

 

 

 

Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain aux éditions le Temps des Cerises éditeurs /15€

 

 

Pour tous ceux qui veulent lire LE classique de la littérature haïtienne. Combat social, vaudou, et la plus belle histoire d’amour que je n’ai jamais lu !

PRIX LITTÉRAIRES 2018

 Goncourt, Fémina, Renoudot et Médicis, qui l’a eu ?

La rentrée fût riche en coups de cœur et riche tout simplement en bons titres. À mon sens un très bon cru, de ce fait il n’y a pas eu un seul titre sous les feux de la rampe qui aurait pris réellement le dessus mais beaucoup d’auteurs ont pris la lumière des médias. Difficile dans ce contexte de départager les romans à primer. Il y a eu débat, concertations et les jurés ont choisis ! Voici les résultats :

Le prix Goncourt a été attribué à Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux publié aux éditions Actes Sud.

Note de l’éditeur : Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Le Prix Renaudot a été attribué à Valérie Manteau pour Le Sillon paru aux éditions le Tripode et dont je vous avait parlé ici.

Note de l’éditeur : « Je rêve de chats qui tombent des rambardes, d’adolescents aux yeux brillants qui surgissent au coin de la rue et tirent en pleine tête, de glissements de terrain emportant tout Cihangir dans le Bosphore, de ballerines funambules aux pieds cisaillés, je rêve que je marche sur les tuiles des toits d’Istanbul et qu’elles glissent et se décrochent. Mais toujours ta main me rattrape, juste au moment où je me réveille en plein vertige, les poings fermés, agrippée aux draps ; même si de plus en plus souvent au réveil tu n’es plus là. »

Récit d’une femme partie rejoindre son amant à Istanbul, Le Sillon est, après Calme et tranquille (Le Tripode, 2016), le deuxième roman  de Valérie Manteau.

Le Prix Fémina a été attribué à Philippe Lançon pour Le lambeau publié aux éditions Gallimard.

Note de l’éditeur : Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338).

(Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).

Le prix Médicis à été attribué à Pierre Guyotat pour Idiotie publié aux éditions Grasset

Note de l’éditeur : «  Cet Idiotie traite de mon entrée, jadis, dans l’âge adulte, entre ma dix-neuvième et ma vingt-deuxième année, de 1959 à 1962. Ma recherche du corps féminin, mon rapport conflictuel à ce qu’on nomme le “réel”, ma tension de tous les instants vers l’Art et vers plus grand que l’humain, ma pulsion de rébellion permanente  : contre le père pourtant tellement aimé, contre l’autorité militaire, en tant que conscrit puis soldat dans la guerre d’Algérie, arrêté, inculpé, interrogé, incarcéré puis muté en section disciplinaire.
Mes rébellions d’alors et leurs conséquences  : fugue, faim, vol, remords, errances, coups et prisons militaires, manifestations corporelles de cette sorte de refus du réel imposé  : on en trouvera ici des scènes marquantes.
Drames intimes, politiques, amitiés, camaraderies, cocasseries, tout y est vécu dans l’élan physique de la jeunesse. Dans le collectif.  »

LE SILLON

Le Sillon de Valérie Manteau aux éditions du Tripode

Le seul roman de la rentrée littéraire des éditions du Tripode. Un roman dont nous allons beaucoup entendre parler dans cette rentrée littéraire. Un roman foncièrement politique, sur Hrant Dink, sur comment être arménien aujourd’hui en Turquie. Où l’on parle de ce qui se passe aujourd’hui, de sa situation politique, de poésie, de militantisme, de la place des arméniens aujourd’hui en Turquie, de Charlie Hebdo aussi. Où des auteurs comme Elif Shafak , Ohran Pamuk, Aslie Erdoğan ou encore Nazim Hikmet sont évoqués. A travers le regard un peu naïf d’une jeune française exilée en Turquie, à Istanbul, nous vivons son quotidien. L’écriture de Valérie Manteau est à fleur de peau, un peu comme son héroïne qui se cherche dans cette ville aux chants polyphoniques venus d’Arménie, de Syrie ou d’ailleurs.

C’est un roman qui donne les clés pour une lecture plus fluide de la situation des intellectuels turcs, qui éclaire sur la géopolitique ce cette région du monde qui nous paraît parfois inaccessible.

Pour aller plus loin :

Pinar Selek Parce qu’ils sont arméniens éditions Liana Levi

OhranPamuk Maudit soit l »espoir éditions Gallimard

Asli Erdoğan Le bâtiment de pierre édititions Actes Sud

Emra Serbes Taksim moonwalk chez Belleville éditions

Hrandt Dink Etre Arménien en Turquie éditions Emreinte

Nazim Hikmet C’est un dur métier que l’exil le Temps des Cerises éditeurs

Elif Shafak La bâtarde d’Istanbul éditions 10/18

Le Sillon/Valérie Manteau/Le Tripode/  €

 

 

COMMENT T’ECRIRE ADIEU

Comment t’écrire adieu de Juliette Arnaud aux éditions Belfond, collection pointillés

Alors vous me direz que le sujet principal des chansons et des romans c’est l’Amour et qu’il a été traité des milliers de fois et je vous dirais que oui c’est vrai. Mais pourquoi (me direz vous encore) je vous parle de Comment t’écrire adieu de Juliette Arnaud ? Et bien parce qu’il s’agit là d’une rupture. Parce que chaque chapitre est vécu autour d’une chanson. Que j’adore la musique (la musique c’est la vie !). Parce que j’ai eu l’impression qu’une amie me faisait des confidences. Parce que c’est merveilleusement écrit. Que c’est un moment écrit sur le vif, avec les émotions de l’instant, sans enjoliver la réalité. Parce que c’est écrit intelligemment, Juliette Arnaud est brillante sans aucun doute. Parce que j’ai adoré lire ces parenthèses (je vous laisserais les découvrir, du pur bonheur). Un coup de cœur incontournable de cette rentrée vous l’aurez compris. Merci, Juliette, merci, bisous, merci !

Comment t’écrire adieu/Juliette Arnaud/Belfond/  17€

QUAND DIEU BOXAIT EN AMATEUR

Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley aux éditions Grasset

Un roman touchant à plusieurs titres. Non seulement c’est le roman d’une relation père fils. Ce  fils qui raconte son père avec des yeux d’enfants en admiration devant lui, son père-ce-héros. Mais c’est aussi le roman d’une classe sociale populaire dans les années cinquante à Besançon. La vie des ouvriers, des cheminots, de la vie de quartier. C’est un roman sur l’enfance et l’amitié. L’écriture simple et brillante de Guy Boley transporte dans une histoire que l’on fait sienne très simplement et facilement. Une lecture que je vous recommande teintée de touche d’humour et pleine de tendresse.

Qaund Dieu boxait en amateur/Guy Boley/éditions Belfond/  17€

LES VOYAGES DE SABLE

Les voyages de sable de Jean-Paul Delfino aux éditions Le Passage

Jaume, né en 1702 à Marseille, décide de se raconter à un bistrotier nommé Virgile de nos jours. Oui vous avez bien lu et compté, ça lui fait presque trois siècles et demi et alors ? Oui il est frappé d’immortalité, et alors ? Ça arrive à des gens bien, non ? Impossible de classer ce livre mis à part dans les coup de cœur. C’est une ode à la vie mais c’est aussi un point de vue sur l’homme et l’humanité à travers ces siècles de guerres, de commerce triangulaire, du ruée vers l’or, … C’est l’histoire de Jaume mais c’est aussi l’Histoire. A travers son personnage, sa vie nous le suivons lors de la peste de Marseille, il nous entraîne en Abyssinie sur des champs de café, quand on le croit installé en Guyane c’est pour mieux repartir en Afrique…Bref, une épopée addictive. Virgile et le quartier de la rue Saint André des Arts à Paris se raconte un peu également. Quel plaisir de lecture !

Les voyages de sable/Jean-Paul Delfino/Le Passage/  19€