DE PIERRE ET D’OS

De pierre de d’os de Bérengère Cournut paru aux éditions Le Tripode.

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une lecture que j’ai faite la semaine dernière et qui m’a bouleversée. En effet, je pense que c’est un texte qui va marquer profondément mon parcours de lectrice, un texte qui va rester, dont j’entends encore l’écho. Laissez-vous portez par les chants inuits portés par le vent de la banquise et l’imaginaire de l’autrice. Bérengère Cournut nous happe dans un univers qui est pour beaucoup d’entre nous inconnu, lointain, inaccessible et désertique : la terre des inuits. De sa banquise, aux hommes qui l’habite en pensant par ses esprits, l’autrice nous fait toucher du doigt tout un monde. L’héroïne, Uqsuralik, se retrouve éloignée de ses parents à cause d’une fracture dans la banquise. C’est le point de départ d’une aventure, d’une nouvelle vie, survie devrais-je plutôt dire. Elle va devoir affronter la nature souvent hostile, la faim, le froid, les hommes et les esprits. Il y a certes des passages très durs sur  ce qu’endure cette jeune fille qui deviendra femme, mais il y a des passages lumineux comme des éclairs en pleine nuit. Une fois de plus Le Tripode a emballé ce magnifique texte dans un véritable écrin digne d’un grand joaillier. Le texte est minutieusement présenté à la hauteur de l’écriture de Bérengère Cournut et à la fin vous retrouver un cahier photos noire et blanc de la banquise et de ses habitants. Excellent texte pour découvrir cette maison d’édition. Excellent roman à offrir sans modération. Il a obtenu le prix du Roman Fnac, mérité à mon sens.

Note de l’éditeur :  « Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman). Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur. Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.

Biographie de l’autrice : Bérengère Cournut est correctrice dans la presse et l’édition et écrivaine. Un temps secrétaire du traducteur Pierre Leyris, dont elle accompagne les œuvres posthumes chez l’éditeur José Corti (Pour mémoire, 2002 ; La Chambre du traducteur, 2007), elle publie son premier roman, « L’Écorcobaliseur », en 2008. Elle a publié trois livres aux éditions Attila et deux plaquettes de poésie à L’Oie de Cravan, où elle déploie un univers littéraire onirique empreint de fantaisie langagière. Elle est également auteure de « Palabres » (Attila, 2011), publié sous le pseudonyme Urbano Moacir Espedite en collaboration avec Nicolas Tainturier (ils apparaissent en page de couverture comme « traducteurs du portugnol »). Enfin, elle publie en 2016 un roman intitulé « Née contente à Oraibi » (Éditions Le Tripode) inspiré d’un voyage qu’elle a fait sur les plateaux de l’Arizona, à la rencontre de la tribu amérindienne des Hopis.

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SOIRÉE LECTURE #5

Le choix du titre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter le mot temps.

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Sandrine a ouvert la soirée avec le roman de Martin Suter Le temps, le temps aux éditions Points. Choisi car elle ne connaissait pas l’auteur et voulait le découvrir. Grand auteur Suisse allemand Martin Suter a aussi écrit Small World, Un ami parfait ou encore Lila Lila. Non seulement il y a bien le mot temps dans le titre mais en plus l’intrigue du roman est basé sur une théorie selon laquelle le temps n’existe pas. « Jamais je n’aurais pensé lire un livre entre science fiction et policier aussi troublant. »La lecture a demandé de l’énergie et de la pugnacité à Sandrine. Ce qui l’a le plus « agacé » c’est qu’il faut attendre la dernière page du livre pour savoir si cette théorie fonctionne. Tout le roman est basé sur l’élaboration de cette théorie. Deux voisins, veufs tous les deux, vont essayer de mettre tout en oeuvre pour reproduire la journée du 11 octobre 1991, date à laquelle la femme de Knupp (le plus âgé des des deux hommes, est morte). Quasiment tout le roman déroule phase après phase comment ils vont reproduire cette journée dans les moindre détails, du décor de la maison, au paysage, en passant par le jardin des voisins ou encore les voitures garées ce jour là sur le parking. Toute l’ingéniosité et la persévérance qu’il leur faut montrer pour ce projet sont décrites avec minutie. Ce que Sandrine a le plus aimé c’est l’écriture fluide et détaillée ainsi que l’idée originale du roman.

Mika a enchaîné la soirée en nous présentant Le fracas du temps de Julian Barnes paru chez Folio.Sous ce titre magnifiquement bruyant se cache en réalité une biographie de Dimitri Chostakovitch le célèbre compositeur Russe du XX siècle. C’est un livre sur le tiraillement entre son génie artistique et le poids de la pression politique. On y parle de création. Le roman commence sur une image très forte où l’on voit le personnage principale attendre sur son pallier. Il attend de se faire arrêter par la police de Staline. Dès le début on sent une tension dramatique. C’est suite a une représentation de Lady Mcbeth devant Staline et certains hauts fonctionnaires qu’il attend de se faire arrêter. En effet les critiques fusent depuis ce jour. Ce compositeur joué sur la scène internationale et jamais en Russie est un paradoxe. Ce que Mika a trouvé intéressant c’est cette confrontation entre création et pression politique. Maëva nous rappelle que dans Opéra de Paris, toute une histoire paru chez Larousse, il est fait mention de ce paradoxe et de cette histoire de Chostakovitch.

Maëva a suivi avec Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu aux éditions J’ai lu. Pour ceux qui le saurait pas encore Mathias Malzieu est aussi le chanteur du groupe Dyonisos. Le livre commence par le décès de la mère du personnage principale Mathias. Maëva trouve que l’auteur dit très bien la douleur, la perte et avec une grande justesse tous les moments d’après le deuil dont ton ne parle jamais comme le retour à la maison, le quotidien d’après l’enterrement. L’histoire se passe sur une année. Le héro va faire la rencontre d’un géant qui va l’aider à faire son deuil. C’est plein de poésie, d’images et de métaphores. Il y a des références aux univers de Lewis Caroll et de Tim Burton. « J’ai beaucoup apprécié les métaphores du vide mais il y en a trop. »

Pierre-Élie a conclu la soirée en nous présentant La griffe du temps de Judith Lyon-Caen publié à la Nrf Gallimard. C’est un essai qui raconte ce que l’histoire peut dire de la littérature. Pierre-Élie adore cette autrice, et ce de plus en plus. Elle essaye de voir ce qu’il y a d’histoire dans le roman en se basant sur la nouvelle de Barbey d’Aurevilly La vengeance d’une femme. Le mot griffe dans le titre fait référence à un passage où dans la chambre il y a un animal exotique pourvu de griffe. À travers cette image de la colonie et de l’agressivité animale l’autrice nous dit que l’auteur nous parle ainsi de la vengeance de cette femme. Une autre anecdote est qu’un homme en passant devant une galerie d’art voit une oeuvre qui le fait penser à un rêve obscène, l’autrice nous interroge : qu’est-ce qu’un rêve obscène en 1840 ?

Ont été évoqués :

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LES GARDIENS DE LA LAGUNE

Les gardiens de la lagune de Viviane Moore aux éditions 10/18

Mon avis : Je suis dans une période où je me fais vraiment plaisir en lisant des romans policiers historiques. Des romans ou des auteurs dont j’entends parler depuis des années et qu’enfin je prends le temps de lire. Voilà pourquoi aujourd’hui je vous parle de ma lecture des Gardiens de la lagune de Viviane Moore.  Je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans. En effet beaucoup de noms et de prénoms italiens (je ne suis pas du habituée), vu qu’il y a secret de famille et bien beaucoup de famille à « tentacules ». J’ai persisté dans ma lecture et pour mon plus grand bonheur ! Une fois les personnages mis à leur place dans chaque arbre généalogique, j’ai pris un très grand plaisir à découvrir  la Venise du XII ème siècle, sans pont entre les îles, avec ses bateaux qui se faufilent, se suivent, naviguent, petits et gros, sans jamais se percuter. La Sérénissime dans toute sa splendeur, au cœur d’une enquête à la Agatha Christie. Effectivement tous les protagonistes ont une bonne raison d’avoir assassiné le méchant de l’histoire. Mais n’oubliez pas que la légende raconte qu’un monstre vit dans les profondeurs de la lagune … Heureusement Hugues de Tarse est là, digne d’un Hercule Poirot oriental, il va mener l’enquête de main de maître.

Note de l’éditeur : Nous sommes en 1162, des ossements enfouis sous les décombres d’une église font ressurgir un passé que beaucoup auraient préféré garder secret… Quelques jours plus tard, un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Un meurtre qui entache le nom du doge Vitale Michiel II. Malédiction, crime politique ou vengeance ?
Hugues de Tarse aura besoin de toute sa sagacité et de celle d’Eleonor de Fierville pour comprendre à quel point les Vénitiennes jouent un rôle fatal dans cette sombre histoire d’amour, de jalousies et de haine.

Biographie de l’auteur : Viviane Moore est née en 1960 à Hong Kong, d’un père architecte et d’une mère maître-verrier.  Photographe à dix-neuf ans, elle devient journaliste indépendante, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle vit aujourd’hui près de Versailles. Sa série de romans historiques mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven l’a fait rapidement connaître du grand public, un succès confirmé avec « La Saga de Tancrède le Normand », puis la trilogie Alchemia, dans la collection Grands Détectives des éditions 10/18.
Site de l’auteur : http://www.vivianemoore.com

Les gardiens de la lagune/Viviane Moore/10/18/8.10€

LE CAPUCHON DU MOINE

Le capuchon du moine d’Ellis Peters aux éditions 10/18

Mon avis : Je lis peu de polar mais quand j’en lis j’aime bien le genre polar-historique. Apprendre étant mon leitmotiv j’en ai toujours pour mon compte ! Il y avait bien longtemps que je n’avais pas été aussi malmenée par une intrigue. À chaque fois que Cadfael, ce moine herboriste qui m’a beaucoup fait pensé à un certain Guillaume de Baskerville, arrive à ajouter une corde à son arc pour innocenter le coupable, parce-qu’il est bien ici sujet d’innocenter, ça change ; à chaque donc, un nouvel élément apparaît et l’entraîne vers une autre piste jusqu’à chevaucher sa mule pour traverser le comté.

Note de l’éditeur : Alors qu’il vient de léguer ses terre à l’abbaye de Shrewsbury, Maître Bonel meurt, empoisonné en plein repas. L’arme du crime ? Le capuchon du moine, un poison mortel. Sa provenance ? La pharmacie de frère Cadfael. Le meurtrier ? Les héritiers sont les principaux suspects et leurs mobiles, nombreux. Il n’en faut pas plus à Cadfael pour prendre l’enquête en main.
Dans cette nouvelle enquête haletante, Cadfael se dévoile et livre certains aspects étonnants de sa jeunesse.

Biographie de l’auteur : Ellis Peters, de son vrai nom Edith Pargeter, est née en 1913, dans le comté du Shropshire, à la lisière du pays de Galles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle entre auWomen’s Royal Navy Service, et ses activités au département des communications lui valent la British Empire Medal, qu’elle reçoit des mains du roi George VI. À cette époque, elle fait son apprentissage de romancière et étudie la langue et la littérature tchèques dont elle traduira plusieurs œuvres majeures en anglais. Après la guerre, elle devient écrivain à part entière avec des romans historiques qui rencontrent un grand succès auprès de la critique et du public. En 1959, elle publie son premier roman policier, mettant en scène l’inspecteur George Felse. Douze titres suivront, qu’elle signe alors sous son pseudonyme. En 1977, elle publie Trafic de reliques, première chronique de la série médiévale  » Frère Cadfael « , qui compte aujourd’hui vingt et un volumes. Décédée en octobre 1995, Ellis Peters a été élevée au rang de OBE (officier de l’ordre de l’Empire britannique), pour services éminents rendus à la littérature.

Le capuchon du moine/Ellis Peters/10/18/Epub 8.99€

LA CONFRÉRIE DES CHASSEURS DE LIVRES

La confrérie des chasseurs de livres de Raphaël Jerusalmy aux éditions Actes sud collection Babel

Mon avis : ce roman m’a réconcilié avec la lecture ! En effet depuis quelques mois tous les livres que j’ouvrais me tombais des mains… J’ai adoré être addict à ce titre. En effet, sous couvert de nous raconter une suite à la biographie interrompue de François Villon, Raphaël Jerusalmy nous entraîne dans une intrigue historico-esoterico-policière des plus surprenante, intéressante et jubilatoire. J’ai adoré être menée par le bout du nez de Paris à Florence, de Jérusalem à Rome, et j’en passe. Le duo François-Colin est exquis, tant par la verve de François Villon que le côté molosse de Colin. Un plongeon très réaliste dans l’histoire à ses début de l’imprimerie où le clergé (l’inquisition ?) voit d’un mauvais œil l’arrivée des livres et du savoir pour tous …. À dévorer !

Note de l’éditeur : Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d’histoire. François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geôles de Louis XI en attendant son exécution. Quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi, il est loin d’en espérer plus qu’un dernier repas. Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l’évêque de Paris et accepte une mission secrète qui consiste d’abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s’installer à Paris pour mieux combattre la censure et faciliter la circulation des idées progressistes réprouvées par Rome. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu’aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d’en bas, dans un vaste jeu d’alliances, de complots et de contre-complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.
Palpitant comme un roman d’aventures, vif et malicieux comme une farce faite à l’histoire des idées, regorgeant de trouvailles et de rebondissements, La Confrérie des chasseurs de livres cumule le charme et l’énergie de Fanfan la Tulipe, l’engagement et la dérision de Don Quichotte et le sens du suspense d’un Umberto Eco.

La confrérie des chasseurs de livre/Raphaël Jerusalmy/Actes sud/Babel/8.70€

SOIRÉE LECTURE #4

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Le choix du livre présentait la contrainte suivante : le titre devait comporter un nom de ville.

Maëva a ouvert la soirée en présentant Terminus Berlin d’Edgar Hilsenrath aux éditions du Tripode. Maëva adore cet auteur qui écrit principalement sur la Shoah sur un ton absurde et déjanté. Maëva recommande particulièrement Le nazi et le barbier paru aux éditions du Tripode ou en poche chez Points, un livre qu’elle a offert des tas de fois. Terminus Berlin est toujours aussi déjanté, burlesque et farfelu mais beaucoup plus sérieux que Le nazi et le barbier. C’est l’histoire d’un écrivain juif paumé, rejeté, qui décide de retourner en Allemagne juste avant la chute du mur de Berlin, alors qu’il l’avait quitté une trentaine d’année auparavant . Description de la ville de Berlin et des allemands. L’écrivain parle aussi de la culpabilité allemande. Il y a une scène sur le mémorial de la Shoah où il n’y a rien, sur presque 10 pages. Maëva dit que ce passage est magistral. Ensuite Edgar Hilsenrath parle de Berlin post chute du mur, pour son personnage c’est le moment de devenir un écrivain à succès. Pour Maëva ce roman est une belle réflexion sur la reconstruction, la culpabilité. L’écriture est originale, c’est écrivain est passionnant. Edgar Hilsenrath est décédé juste après avoir publié ce titre, en début d’année.

Olivier a enchaîné en nous parlant de Cherbourg de Charles Daubas, premier roman qui vient de paraître aux éditions Gallimard. Pour choisir son roman Olivier a fait confiance a une critique des Inrocks. C’est un thriller, comme les dernières lectures d’Olivier : Série noire de Bertrand Scheffer ou Pas de dupe de Ravey paru chez Minuit. Rade de Cherbourg, été 2012. Une étrange explosion emporte une partie de la digue. Elle pourrait être liée à la démolition du quartier des Provinces, peu de temps auparavant. Les chantiers de l’Arsenal, où l’on démantèle un sous-marin nucléaire, sont également mis en cause et l’affaire est vite classée «secret défense». Jusqu’à ce qu’un adolescent prétende qu’un de ses camarades a disparu dans l’explosion. Olivier pense que l’idée du port et la notion de frontières sont très important dans le livre. Il nous a lu des passages de descriptions, point fort de l’auteur, avec des images fortes.

Sandrine a présenté La bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak paru en poche chez 10/18. Lecture du début du  premier chapitre « Cannelle » (tous les chapitres ont un nom d’épice ou de fruit), qui situe la ville d’Istanbul sous la pluie et met l’accent sur le style de l’autrice. C’est un livre foisonnant, vivant et passionnant. Une histoire de femmes Turques et Arméniennes à travers l’histoire. Ce roman met évoque le poids du passé, il questionne aussi : est-ce que l’on doit porter aujourd’hui le erreurs de nos ancêtres ? L’autrice met en avant une Istanbul d’aujourd’hui vivante, avec une jeunesse qui se questionne sur son avenir. Une ville prise entre tradition et modernité, où l’on enseigne l’histoire « nationale » en omettant des passages sombres comme le génocide arménien, qui du coup après quelques génération n’est absolument pas connu des turcs. C’est un roman passionnant et envoûtant, un roman à tiroirs, chorale, avec de très beaux portraits de femmes, sensibles et fortes, qu’elles soient turques, arméniennes ou américaines, oui il est aussi question de voyage dans ce roman. Sandrine comprend pourquoi ce roman sortie il y a déjà plusieurs années a eu autant de succès, ça lui a même donné envie de lire un autre roman de cette autrice : Soufi mon amour, qu’elle a encore plus aimé …

Mika a clôturé la soirée en parlant de Kiruna de Maylis de Kerangal paru aux éditions La contre allée (Délaissant les grands axes, j’ai pris la contre-allée. Alain Bashung). Elle a choisi ce titre car a déjà beaucoup lu de roman de cette autrice et a toujours beaucoup aimé son style et la façon dont elle s’investit pour écrire ses romans, les recherches qu’elle mène pour être au plus près de son sujet. Cette ouvrage est le résultat d’une résidence d’écrivain qui s’appelle Mineurs d’un autre monde. Mika a été surprise de la forme, elle pensait lire un roman et c’est en fait un reportage littéraire. Kiruna se situe en Laponie, c’est une ville mais aussi la plis grande mine de fer au monde. La mine s’étend tellement que la ville risque de s’effondrer et qu’il faut trouver un moyen de déménager ses habitants. Kiruna revêt un aspect organique, on y plonge comme dans un corps. Mika a eu le sentiment de lire un un essai préparatoire a un roman avec beaucoup de potentialité romanesque surtout dans la première partie.

ACHATS DU JOUR BONJOUR LES VACANCES !

Bonjour à tous,

Je viens de passer à la Fnac des Halles, l’antre de la tentation. Partie pour quelques jours de repos à la campagne j’ai fait un stock de lectures qui manquaient à ma culture générale ou des titres que j’avais envie de lire depuis longtemps.

Vous avez lu quoi dans cette pile-pal ? Je vais sûrement relire pour la quatrième fois Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau chez Pocket, déjà dévoré 3 fois donc…Oui j’assume !

La tresse, La bâtarde d’Istanbul et Mes étoiles noires sont des titres qui me tournent autour depuis plusieurs années, je profite donc de cette mise au vert pour y jeter un œil ou peut-être même vais-je me faire happer …qui sait ? Je n’en demande pas plus !

Le tremblement de Chimamanda Ngozi Adichie. Je n’ai pas pu résister à lire des nouvelles (j’adore ce genre littéraire pourtant peut priser dans notre pays), et en plus d’une autrice dont j’admire le style et les idées. Donc affaire à suivre…

Congo d’Éric Vuillard car j’adore ce qu’écrit cet auteur. J’avais été stupéfaite par La tristesse de la Terre que je recommande vivement à tous ceux qui voudrait découvrir un auteur et son univers qui se place toujours du côté où on ne l’attend pas, celui des opprimés, un style, une voix.

Le goût du printemps aux éditions Mercure de France, c’est pour le sujet, cette collection que j’adore, et pour les jours gris de mon séjour. Je suis sûre d’y trouver des plumes lumineuses qui égayeront les journées de pluie. Si vous ne connaissez pas le concept de cette collection, c’est simple : une thématique dirigée par une personne différente à chaque fois, qui sélectionne des textes classiques ou pas sur le sujet choisi. Idéal pour lire sur des destinations qui vous tentent par exemple. Pour cet opus c’est Jacques Barozzi qui a choisi des textes de Pessoa, Charles Juliet ou encore Boccace, Milan Kundera. Hâte de le dévorer !

Le magazine Psychologies car j’achète toujours un magazine quand je pars en vacances, c’est le signe de détente ultime ! Le DVD de Bohémian Rhapsody pour offrir et les mots fléchés pour faire marcher le ciboulot …

Voilà, je suis prête pour 2 semaines à la campagne. Ma Terre du Milieu à moi !

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SOIRÉE LECTURE #3

« Il paraît qu’un jour on se réveille affamés de ne pas avoir été ce que l’on souhaite. »

Le choix du livre présentait une contrainte : que le titre contienne un prénom de femme !
Sandrine a ouvert la soirée en évoquant Mary Poppins, la maison d’à côté de Pamela L Travers, aux éditions Castor Astral.
Les textes sont inédits, c’est la première fois qu’ils sont traduits en français.
C’est tout d’abord un magnifique objet – « ce n’est pas qu’un livre », dira Sandrine – , à la mise en page très soignée, tout de doré et bleu, très joliment illustré. Sandrine trouve que c’est un régal à lire grâce aux mille et uns détails de mise en page qui rendent la lecture savoureuse.
« Je n’ai jamais écrit pour les enfants » ouvre ce livre qui contient plusieurs textes : une préface du traducteur qui explique comment Pamela Travers a écrit Mary Poppins, puis « la Maison d’à côté » et l’histoire de Mary Poppins, celle que nous connaissons par le dessin animé de Walt Disney et du récent film de Rob Marschall avec Emily Blunt. Sandrine a lu « la Maison d’à côté » : il y est question d’une maison vide, le numéro 18 de l’avenue des Cerisiers, à propos de laquelle tout les habitants de la rue imaginent ce qu’ils veulent, y voient chacun quelque chose de différent… Il y a les mêmes personnages que dans Mary Poppins, dont les petits Michael et Jane. Un jour, une vieille et méchante femme, Mademoiselle Andrews (l’ancienne nounou des parents de Michael et Jane), s’installe au numéro 18 avec un petit garçon qui s’occupe d’elle absolument tout le temps, Luti. Ce petit garçon est dit venir des îles des Mers du Sud et a dû quitter ses parents. Un jour, pendant que Mademoiselle Andrews fait la sieste, il rencontre Michael et Jane, qui sympathisent avec lui, puis plus tard, Mary Poppins. Grâce à elle, à un oncle qui vit dans la Lune,…il retrouvera les îles des Mers du Sud et ses parents… pendant que la méchante Mademoiselle Andrews sera condamnée à lire des BD pour enfants !
Un joli conte pour Sandrine, et un si beau livre !
Maëva a évoqué l’Héritage d’Esther de Sandor Marai, au Livre de poche éditions. Une femme, Esther, dans la fleur de l’âge, apprend qu’un ancien amant, qu’elle a passionnément aimé, revient lui rendre visite. Elle vit depuis des années avec Nounou, qui s’occupe d’elle depuis toujours et qui a vu la blessure qu’a laissé cet homme chez Esther. Depuis cette annonce et jusqu’à la venue de Lajos, une véritable tension dramatique s’installe : qu’a-t-il fait pour laisser de telles marques ? On apprend qu’il a volé la jeune femme… Pourquoi ? dans quelles circonstances ? Depuis, Esther vit dans l’attente, comme si elle vivait sans vivre vraiment. Mais quel pouvoir certaines personnes peuvent-ils avoir sur nous ?
Lajos revient, pour « réparer », mais répare-t-on vraiment le mal que les gens qu’on a aimés font ?
Esther est un personnage attachant, fragile, qui intrigue tout au long du livre.
Un texte agréable, et très bien traduit, au rythme et à la précision tendue.
Maëva évoque également Vigile de Hyam Zaytoun aux éditions Le Tropde : un livre formidable, qui ébranle et bouleverse, si court et si bien écrit.
Mika évoque Antonia de Gabriella Zalapi – journal 1965-1966, paru aux éditions ZOE. Il s’agit du premier livre d’une artiste plasticienne. Ayant des origines anglaise, italienne et suisse, Gabriella Zalapì s’est inspirée de sa propre généalogie pour composer ce premier roman parsemé de (fausses) photographies de famille. En Sicile, entre 1965 et 1966, Antonia est l’épouse d’un notable depuis ses vingt ans et exprime dans son journal tout le malaise que lui inspire la bonne société qu’elle côtoie. Elle est une « perfect housewife », a un fils qu’elle a du mal à aimer, et est étouffée par tous les compromis qu’elle est contrainte de faire tous les jours. A la mort de sa grand-mère, elle reçoit des photographies, lettres et carnets qui l’incitent à explorer le passé de sa famille marqué par l’exil et a commencé son émancipation. Au fil des textes qui « se lisent comme des poèmes » selon Mika, Antonia se constitue en tant que personne, l’écriture servant avant tout la connaissance de soi.
Mika a aimé la simplicité de l’écriture qui n’empêche pas une justesse et une violence des images : Antonia parle de ses « journées-lignes » pour évoquer ces journées monotones où il ne se passe rien ou écrit : « Il paraît qu’un jour on se réveille affamés de ne pas avoir été ce que l’on souhaite. »

NOËL, NOËL, TU VAS VENIR BIENTÔT … Partie 2

Suite des idées cadeaux pour un Noël en poche :

L’île du point Némo / Jean-Marie Blas de Roblès / Points / 8€

 

Pour les amoureux d’aventures en aventures. Impossible à lâcher !

 

Allah n’est pas obligé / Amadou Kourouma / Points / 7€

L’histoire d’un enfant soldat raconté par lui-même. Pour ceux qui veulent s’immerger dans l’histoire de l’Afrique !

 

Uiesh / Joséphine Bacon / Mémoire d’Encrier / 12€

Parce que la vie et vieillir c’est de la poésie et que Joséphine Bacon le décrit à merveille ! Pour tous les amoureux de poésie et de la vie !